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Lot : Lutte des classes

7 mai 2017, par Fabienne

"Touche pas à ma classe !" un comité d’accueil attendait l’inspecteur d’académie du Lot en déplacement à l’école de Cressensac, début mars : des manifestants, pancartes brandies arborant les noms des établissements scolaires clos depuis deux ans, étaient déjà venus faire entendre leur désarroi après l’annonce de neuf fermetures d’écoles de village supplémentaire à la rentrée. Un désastre pour ce département très rural où le réseau pédagogique s’organise autour de petits établissements à taille humaine d’une ou deux classes, et où la prise en charge ainsi que les résultats sont souvent meilleurs qu’ailleurs. Les classes multi-âge permettent aux enfants d’apprendre la coopération, la citoyenneté. fermer une école de village, c’est une catastrophe. Cela détruit le lien social de l’enfant avec son territoire et cela jette les élèves en autocar sur les routes s’indigne Pierre Dufour, membre de l’association La petite Ecole est une chance 46, venu sur place manifester sa colère.
Occupations d’écoles, marches silencieuses, routes bloquées ... Durant le mois de mars, enseignants et parents d’élèves, soutenus par de ombreux élus locaux, ont manifesté leur opposition aux nouvelles fermetures de classe et aux regroupements d’écoles annoncées par l’Inspecteur d’Académie.
La mobilisation est très forte. mais il faut dire que cette logique comptable est inadmissible. Le maillage des écoles est un facteur de cohésion sociale. Ces décisions vont favoriser les déserts ruraux proteste Marie Piqué, vice présidente de la région Occitanie. Depuis la signature par les grands élus, il y a deux ans, d’un protocole d’accord prévoyant la suppression de 18 postes d’enseignants et des regroupements pédagogiques intercommunaux, 19 écoles rurales ont déjà fermé dans le Lot. Des petits établissements de proximité aujourd’hui en voie de disparition, au grand dam des habitants qui ont le sentiment de faire les frais des mesures d’économies décrétées par le ministère de l’Education Nationale. La première chose que regardent les couples qui s’installent, c’est s’il y a une école dans la commune. Quand on les ferme, c’est la dégringolade : les commerces plient boutique, c’est la mort annoncées des villages, se désole Isabelle Baudis, secrétaire du syndicat CGT Educ’action 46. Cette professeure des Ecoles n’en est pas à sa première lutte. Dans les années 80, on avait réussi à obtenir un moratoire pour l’école de Trespoux qui ne comptait plus que huit o u neuf élèvesse souvient-elle.Aujourd’hui, le village atteint cinq classes et s’est développé. Maigre victoire, l’école de Gréalou, où les parents avaient occupé jour et nuit l’établissement, a vu ses deux classes maintenues. Fin mars, la lutte se poursuivait chez les irréductibles Lotois pour sauver d’autres classes.