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Nouvelle circulaire EREA : des mois de « négociations » pour rien… Quels objectifs pour ces structures ?

7 mai 2017, par Fabienne

La circulaire, publiée au BO du 27 avril 2017, entérine le fait de ne pas caractériser les EREA comme lieu d’enseignement adapté, et donc accueillant des élèves en grande difficulté scolaire, mais partageant son public entre « la grande difficulté scolaire et/ou sociale » et des élèves « rencontrant des difficultés liées à une situation de handicap ».
Cette nouvelle définition entérine la volonté du ministère de brasser les choses et d’arriver au handicap dans sa globalité en intégrant tous les « troubles ». La circulaire de 1995 mettait déjà un pied dans ce système, mais elle caractérisait davantage les situations de handicap : auditifs, visuels et moteurs ou physiques.
Désormais, nous aurons droit à un double recrutement : CDOEA (commission départementale de l’orientation vers les enseignements adaptés) et CDAPH (commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées).

Le ministère garde le cap de sa volonté d’harmoniser le traitement des difficultés scolaires et du handicap, mais également de la mutualisation des moyens. Ainsi, cette circulaire s’inscrit dans la droite ligne de la circulaire SEGPA de 2015, et prône les réseaux d’établissements. Le recrutement est d’ailleurs envisagé en CM2 ou en fin de 6ème, notamment pour celles et ceux ayant suivi la 6ème SEGPA optionnelle. Le dossier en fin de 6ème sera complété par les observations du-de la psychologue de l’Education nationale du collège. Et, pour la formation professionnelle, le directeur peut faire appel aux autres établissements du réseau afin de diversifier les formations. La CGT Educ’action dénonce cette répartition de la misère qui n’est jamais formatrice.

Toujours selon ce même cap fixé avec la loi dite de Refondation, nous retrouvons l’usage intensif de termes récurrents concernant l’individualisation : « suivi individualisé », « besoins particuliers » ou « parcours avenir ». Pour rappel, ce dernier doit amener les élèves à comprendre le monde économique et à développer leurs sens de l’engagement et de l’initiative. Toute référence au libéralisme ou au rapprochement de l’entreprise avec l’Ecole voulu par nos gouvernants est toujours bonne à placer dans les nouveaux textes d’orientation…
En revanche, contrairement à la circulaire de 1995, il n’est pas fait mention de l’individualisation des durées de formation (les anciens CAP en trois ans, par exemple). On apprend juste, au détour d’une simple ligne, que l’école inclusive est au service de la réussite des élèves qui rencontrent le plus de difficulté…
Enfin, la conclusion du préambule explique bien le but de la circulaire : redéfinir l’organisation et les missions, préciser les conditions nécessaires à l’individualisation des parcours de formation, rendre les structures plus inclusives et renforcer le pilotage. Tout est dit…

Le seul point positif est l’inscription des formations professionnelles d’EREA/LEA dans la carte des formations. On pourrait aussi sourire de cet éclair de lucidité de l’administration qui indique que les difficultés scolaires importantes et persistantes peuvent être accompagnées de difficultés sociales.

Quel impact pour les personnels ?

Les discussions des derniers mois ont surtout porté sur l’avenir des personnels dans ces structures puisque l’administration a entériné la mort des Professeur-ses des écoles éducateur-trices. De façon plus globale, toutes les organisations syndicales souhaitaient que la question des personnels et des missions soit abordé.
On peut noter que si les missions des CPE sont évoquées, le texte ne précise pas si une présence de CPE par établissement est obligatoire. Le plus grave, à notre sens, concerne la non-distinction entre les PE et les PLC et l’établissement d’une rubrique unique sur les missions des enseignant-es d’enseignement général. Ceux-ci/celles-ci peuvent, à titre transitoire, être chargé-es des nuitées, s’ils-elles étaient déjà engagé-es sur ces missions. C’est donc bien la fin définitive des PE éducateur-trices et accompagne, un peu partout, des suppressions importantes de postes de PE dans les EREA depuis deux à trois ans. Tout ceci, la CGT Educ’action le dénonce depuis le début des négociations.
Dans les faits, ces collègues continuent d’avoir des activités « éducatives » (tutorat, soutien, etc.) mais hors nuitée et encadrent dans ces conditions des groupes de 8 élèves. Les divisions sont limitées à 16 et les groupes d’atelier à 8. Autre nouveauté du texte, afin d’être en conformité avec les dernières innovations ministérielles, il est précisé qu’à terme, tous les enseignant-es d’EREA/LEA devront être titulaires du CAPPEI.

Enfin, ce sont les missions des AEd qui constituent la grosse nouveauté, puisque ils-elles prennent en charge les nuitées, mais aussi l’accompagnement des élèves internes hors nuitées. La CGt Educ’action refuse que ces missions soient menées désormais par des personnels précaires et non formés alors qu’elles étaient auparavant dédiées à des enseignant-es formées spécialement pour la chose. L’enseignement et l’éducation de ces élèves dans des établissements spécialisés ayant fait preuve de leur utilité, ne doit pas se faire à coup de précarité. Un changement non négligeable est d’ailleurs à noter. La circulaire de 1995 disait ceci : « l’encadrement des élèves est en moyenne, pour les internes de 8 élèves et de 25 pour les demi-pensionnaires ». La nouvelle indique « l’encadrement éducatif est de 8 élèves pour un AED en-dehors des nuitées et de 25 élèves durant les temps de demi-pension et les nuitées ». Chacun-e jugera de cette modification…

La CGT Educ’action a participé activement à ces discussions pour que la circulaire soit la meilleure possible pour les personnels mais aussi pour les élèves accueillis dans ces structures. Elle s’est opposée à toutes les tentatives d’abaissement du taux d’encadrement ou de la qualité de l’accueil. Elle a veillé à ce que les personnels ne soient pas sacrifiés sur l’autel des économies. Elle maintient son opposition à la volonté du ministère de vouloir globaliser handicap et difficultés scolaires qui ne permet pas de répondre correctement aux besoins des élèves. Nous poursuivrons, avec les personnels, notre combat contre cette logique et contre cette circulaire.

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