Youpi ! On a trouvé une nouvelle maladie.

 

En effet, sans aller jusqu’à définir le TADH, [1], comme une simple maladie, elle a reconnu que ce TADH était en tout cas « traitable » grâce à un médicament, le méthylphénidate ou MPH (Ritaline© ou Focalin©). Pour la première fois dans l’histoire du soin, on découvre des symptômes concomitants qui ne sont pas une maladie mais qui se soigneraient par une prescription médicale... On croit rêver !

C’est l’aboutissement d’une recherche incessante du traitement de la difficulté scolaire et du comportement par la médicalisation à outrance. C’est la poursuite permanente du renforcement de l’entrée médicale dans la pédagogie et dans la prise en charge des élèves en difficulté. Ce qui est dingue dans cette affaire (largement passée sous silence d’ailleurs), c’est qu’aucune étude sérieuse n’appuie ce recours au MPH et démontre ses bienfaits. Les seuls chiffres en notre possession pour réfléchir à cette connexion troubles-médication, ce sont ceux en provenance des États-Unis où désormais plus de 11 % des enfants sont sous MPH, médicament puissant de la classe des amphétamines... Ça fait froid dans le dos !

En somme, le TADH n’est pas une maladie, mais un simple objet encore mal identifié à qui on donne aujourd’hui une existence formelle grâce au MPH. C’est donc le produit qui définit la maladie. Surtout, quel impact aura cette décision auprès des familles et des professionnels de santé et de pédopsychiatrie ?

C’est une machine infernale qui a été lancée et les répercussions seront terribles dans le traitement de la difficulté. Combien d’enfants seront traités sans qu’aucune approche pédagogique ou psychologique ne soit menée ? Il est à parier qu’il sera plus facile pour certain-e-s de se réfugier derrière le traitement.

Ce qui est sûr, c’est que dans cette affaire, tout le monde n’est pas perdant. L’industrie pharmaceutique en rêvait, l’HAS l’a exhaussé !

Jérôme SINOT


[1appellation du trouble du déficit de l’attention - hyperactivité