Vers la fin de la scolarisation des moins de six ans en zone rurale ?

 

En Haute-Loire, sous prétexte de règlements, la scolarisation des moins de six ans est remise en cause et privatisée. En zone rurale, le service public d’éducation, lui aussi, se réduit d’année en année à la peau de chagrin… Dans une indifférence que combat la CGT Éduc’action.

Le DASEN de Haute Loire a demandé aux maires des communes de Séneujols, Saint Jean de Nay, Pinols et Saint Victor Malescours de refuser l’inscription des enfants de 3 à 5 ans sous prétexte que le règlement intérieur ne permet pas d’ac-cueillir des élèves de maternelle en classe unique.

Ainsi, avec l’aide du Préfet, un forcing est opéré auprès de ces communes pour qu’elles signent une convention "communale", encourageant les familles à s’organiser pour l’accueil des 3-5 ans à travers un dispositif "passerelle" avec l’École publique. C’est ni plus ni moins que le retour des jardins d’éveil que la CGT Éduc’action combat car ils sont une privatisation de l’accueil de la petite enfance et de la scolarité. Le retour de ces structures dites alternatives mises en place sous Sarkozy, sont toujours présentées comme étant une solution passerelle entre crèche et école. Pour mémoire, elles sont implantées dans les classes de maternelle, sans enseignant-es, et sont financées par les collectivités et les parents.

Le DASEN cherche à imposer ces structures de façon machiavélique car il n’accordera de dérogations aux 3 /5 ans que si des conventions sont signées ! Si de telles conventions voyaient le jour, il est fort à parier que cela encouragera la fuite d’élèves du public vers le privé dans un département où l’enseignement catholique est déjà puissant. Cette décision est surtout incompréhensible car le département n’est pas en pénurie de personnels et n’est pas en incapacité de doter ses écoles.

La CGT Éduc’action de Haute-Loire organise la résistance à de telles pratiques inégalitaires. Avec elle, nous rappelons que ce type de structure est le signe du désengagement de l’État en zones rurales. Il fait le choix de structures privées et payantes au détriment d’un service public gratuit d’Éducation sur tous les territoires.
Pour la CGT Éduc’action, l’État ne doit pas remettre en cause l’école maternelle car elle a fait toutes ses preuves. La maintenir et la renforcer serait un véritable gage donné à la priori-té soit disant accordée par le ministre à l’enseignement primaire.

Nous réaffirmons ici notre op-position à ces Jardins d’éveil et exigeons une scolarité obligatoire dès 3 ans avec la possibilité pour les parents qui le désirent, de scolariser leur jeune enfant dès 2 ans, dans une école maternelle pour lui faire bénéficier d’un accueil public, collectif, gratuit.

Elena BLOND