Une réelle inclusion des élèves, ce n’est pas exploiter la précarité, mais créer un statut d’AESH et recruter !

 

Comme lors des précédentes, la rentrée scolaire 2018 avait connu un manque criant de personnels AESH. Des centaines d’élèves sont restés des semaines sans accompagnant·e. La raison : l’insuffisante création de postes d’AESH et le maintien dans la précarité des personnels (faibles salaires, conditions de travail dégradées, absence de statut et de perspectives).
Plutôt que de rendre attractif le métier d’AESH par l’augmentation immédiate des salaires, la reconnaissance de leur métier par un statut de fonctionnaire et la titularisation, le ministère profite de la précarité des personnels pour faire croire qu’il répond aux demandes des familles.
C’est ainsi que nous constatons cette année à une mutualisation à marche forcée des notifications et des accompagnements. Là où des aides individuelles étaient prévues, elles ont souvent été transformées en aides mutualisées. C’est au détriment des conditions de travail des AESH, mais aussi de l’inclusion des élèves. La recherche d’économies prime. Le seul objectif est d’afficher un taux de couverture des notifications, peu importe la qualité du suivi.
La même logique préside à l’expérimentation des PIAL (Pôles Inclusifs d’Accompagnement Localisés) que le ministère entend généraliser après la pseudo-concertation actuelle sur l’école inclusive. Pour gérer la pénurie d’AESH, sur le modèle des brigades de remplacement des PE, les AESH ne seraient plus affecté·es à l’accompagnement d’1 ou quelques élèves dans 1 ou plusieurs écoles/établissements (ce qui pose déjà difficulté), mais affecté·e à un pôle (réseau d’écoles et d’établissements) dans lequel elles·ils seraient amené·es à faire de l’accompagnement par intérim. L’objectif est clair. Cela aggraverait la pression hiérarchique et les conditions de travail en nuisant encore à une réelle inclusion.
Enfin, dans le cadre de cette concertation, au lieu d’augmenter les salaires et de prendre en compte la pénibilité du métier, sous prétexte de leur permettre d’aboutir à un salaire décent, le ministère envisage d’augmenter le temps de travail des AESH et d’élargir leurs tâches déjà nombreuses au périscolaire et à l’extrascolaire. Leurs tâches déjà nombreuses seraient multipliées ainsi que leurs employeurs.
Les AESH n’ont rien à attendre de la concertation ministérielle qui n’est que de l’affichage et de la communication pour faire passer les mesures du ministère (2nd employeur, PIAL, mutualisation) déjà décidées. Aucune avancée pour les personnels ne sera gagnée sans notre mobilisation.
La CGT Éduc’action va continuer de porter les revendications des AESH et entend mobiliser les personnels pour faire avancer leurs droits, améliorer leurs salaires et leurs conditions de travail.

AESH, AVS, construisons la mobilisation nationale pour notre statut, pour un vrai salaire ! Action intersyndicale le 6 février : portons ensemble nos revendications !

Pour consulter l’appel intersyndical national au 6 février