Un an après l’application de PPCR, où est-on ?

 

A la rentrée dernière, l’ensemble des collègues a été reclassé par les administrations départementales dans les nouvelles grilles d’échelon. C’était donc le départ d’une nouvelle évolution de carrière. A ce reclassement technique s’ajoutait une nouvelle pratique d’évaluation et de promotion qui devait permettre un avancement plus régulier des personnels.
Nous avons travaillé pour informer les personnels de leurs droits et pour leur expliquer les différents types de reclassements. Il a fallu également rappeler que ce reclassement n’entrainait pas automatiquement un gain de salaire puisque, dans le même temps, le point d’indice n’était pas réévalué et qu’il n’y avait aucun gain d’échelon dans ce reclassement.
En un an, l’application du protocole PPCR n’aura pas permis aux collègues de gagner davantage ni de rattraper la perte de pouvoir d’achat subi depuis 2000. Le rêve qui a été vendu s’est évanoui face à la dure réalité de la politique gouvernementale d’austérité à l’encontre des fonctionnaires.
Si nous avons constaté que, de façon générale, les collègues de la Classe Normale ont, et pourront, avoir une carrière qui se construit de façon plus linéaire avec un avancement qui se désolidarise petit à petit des inspections-évaluations, il reste de nombreux points noirs. Il y aura toujours des étapes de passage avec obstacles aux 6ème-8ème échelons et au passage à la Hors Classe. Les rendez-vous carrière auront toujours l’objectif d’accélérer les carrières de certain·es au détriment d’autres sur des critères encore obscurs. Avec les premières commissions paritaires d’accès à la Hors Classe, on s’est également rendu compte que, pour de très nombreux·ses collègues promouvables ces deux dernières années, l’instauration du dispositif et du système d’appréciation des DASEN allaient les desservir face aux nouvelles·eaux promouvables de cette année. Pour la majeure partie d’entre eux·elles, ils·elles se sont retrouvé·es loin dans le classement des promouvables, et perdent de très nombreuses années pour accéder à la HC.
Enfin, que dire de la Classe exceptionnelle et de sa constitution. Nous ne reviendrons pas sur son caractère profondément injuste qui récompense « le mérite » jugé par la seule administration. Ce grade à accès fonctionnel est le symbole d’une Fonction publique explosée, débarrassée de toute règle commune garantissant la neutralité dans ses missions et fonctions. De plus, les commissions paritaires ayant procédé à la création de ce nouveau grade et à la promotion des collègues ont été le plus souvent constituées dans des conditions plus que louches, relayant le paritarisme à un simple objet facultatif. Le résultat en a été parfois hallucinant avec moins de candidatures de collègues que de promu·es possibles…
En définitive, la situation après un an de mise en place n’est pas très éloignée de celle annoncée par la CGT Educ’action. Nous vous invitons à relire nos publications à ce sujet et à comparer. Nous ne voulions pas être des oiseaux de mauvaise augure, mais bien des lanceur·euses d’alerte. Aujourd’hui, à la différence d’autres organisations qui ont soutenues ce projet, nous ne cherchons pas à défendre la moindre petite partie du PPCR. Pour nous, tout est à jeter et nous le redisons à tou·tes les collègues.