Sécurité, écran de fumée !

 

Tout d’abord, il n’existe aucune obligation réglementaire faite aux directeur-trice-s de communiquer leur téléphone personnel. Il n’est pas non plus prouvé que tou-te-s les collègues en aient, l’utilisent de façon soutenue ou souhaitent le mettre en action sur les heures de cours...
Les actes terroristes survenus en France sont insoutenables pour les un-e-s et les autres, professionnels de l’éducation, parents ou élèves. Dans ces conditions, on peut aussi comprendre que certain-e-s d’entre nous souhaitent jouer le jeu et communiquent leur numéro. Et nous ne pouvons leur interdire car communiquer de telles informations se fait sur une conviction personnelle en vue de rassurer. Ce que nous pouvons dire cependant, c’est que les règles du jeu instaurées avec l’administration doivent être claires : utilisation stricte sur les heures de services dans les écoles et pour les seuls motifs indiqués par les circulaires de rentrée liés à la sécurité... En aucun cas nous ne devons tomber dans une demande de téléphone de service, comme certains peuvent le faire, qui entrainerait à terme, la mise en place de permanence et des obligations à être joignable à tt moment.

Nous estimons aussi que cette question sécuritaire ne doit pas se limiter aux SMS ou l’instauration d’exercices de sécurité supplémentaires sans que des moyens et des objectifs communs ne soient en place. Nous devons exiger aussi que la question sécuritaire soit posée pour l’ensemble des sujets sécurité comme les sites Seveso proches des écoles. Nous devons aussi exiger des formations et des mises à niveau pour être capables de réagir et d’intervenir au mieux. On rappelle aussi que la CGT Éduc’action revendique une direction collégiale avec un partage des tâches et des responsabilités et que cela permettrait aux collègues de ne pas se retrouver isolé-e-s face à la situation...
Ce qui est sûr, c’est que, comme depuis les premiers attentats de fin 2015, le MEN demande énormément aux seuls collègues en oubliant ses obligations. Exigeons que notre employeur prenne ses responsabilités : soutien, accompagnement, formation, échanges et retours de pratiques. Gardons la tête froide et réfléchissons pour éviter que nos écoles soient des bunkers ou que les sorties scolaires soient limitées au plus strict minimum !
Enfin, nous dénonçons cette communication sécurité qui est en réalité un vaste écran de fumée pour faire oublier toutes les autres choses qui font de cette rentrée, un moment encore bien compliqué pour les collègues : recours généralisé aux contractuels, gestion non réfléchie des personnels non affectés à la rentrée, collègues déplacés au bout d’une semaine, absence de profs dans certains départements, nouveaux programmes non préparés et absence de formation sur ces derniers...
Bien essayé madame la Ministre, mais la CGT Éduc’action n’est pas dupe…
Jérôme SINOT