Sécurité Police dans l’école : la surenchère sécuritaire

 

« La Constitution nous autorise à mettre un policier armé dans chaque école, disposant d’un bureau et pouvant surveiller ainsi les entrées, les sorties, faire émarger des listes et effectuer une surveillance des mouvements qui pourraient paraitre suspects là où nous savons que les écoles sont une cible majeure de Daech », déclarait ainsi M. Estrosi, qui n’était alors plus maire de Nice… mais premier adjoint à la sécurité. Et d’ajouter à l’époque l’embauche imminente d’une centaine de policier·ères municipaux·ales supplémentaires ! Des mesures de sécurité avaient déjà été mises en œuvre dans les écoles de Nice : panneaux métalliques autour des écoles, bouton d’alarme, nouvelles caméras, contrôle très strict des entrées interdisant de fait la présence des parents dans les écoles, vigiles devant les écoles…

Cette nouvelle étape de la surenchère sécuritaire niçoise n’ayant finalement jamais vu le jour, les vigiles ont été remplacés début 2018 par des policiers·ères effectuant des rondes.

On nous annonce à présent l’expérimentation d’un·e policier·ère en tenue, mais sans arme, dans trois écoles niçoises, en vue d’une généralisation à d’autres écoles de Nice à la rentrée prochaine. Cela va de pair avec la mise en place progressive de nouveaux badges d’accès avec photo intégrée, confiés à un nombre de personnes très restreint, tout comme la pose dans certaines écoles déjà pourvues de grilles de parevue.
Big Brother is watching you !!!
Aux dires de M. Blanquer, « le policier non armé à l’intérieur de l’école est quelqu’un qui va vivre au quotidien avec les enfants et va en fait s’intégrer dans leur vie ». Ce qui ressort d’une réunion entre des directeurs·trices d’école de Nice, des policier·ères
et le responsable sécurité est que les missions de ce ou ces agents municipaux restent floues : présent·es de 7h à 18h avec une pause méridienne, ils·elles ne pourraient pas intervenir à l’extérieur de l’école et interviendraient sur ce qui est PPMS, sécurité routière...
Ils·elles auraient à terme un local où ils·elles pourraient visionner l’ensemble
des caméras balayant les alentours du groupe scolaire.
Si l’expérimentation est "concluante", il y aurait 71 groupes scolaires définis.
La CGT Éduc’action réaffirme son opposition quant à ces dérives inquiétantes, l’École d’aujourd’hui ne devant en aucun cas être assimilée dans l’esprit des élèves, dès leur plus jeune âge, aux forces de police.