Salaires : l’affaire de tous !

 

SALAIRES : L’AFFAIRE DE TOUS !

 

Pour la CGT Éduc’action, il est impensable d'opposer les catégories entre elles, ni même les corps. L'annonce faite par le Ministre Peillon, du « Changer le métier pour changer les salaires » paraît comme une forme de chantage au « travailler plus pour (peut-être) gagner plus » cher au précédent gouvernement ! Qui peut croire sérieusement à une revalorisation des salaires des seuls enseignants, alors que le gouvernement vient de refuser un nouveau coup de pouce au
1er janvier pour le SMIC !

Le gel des salaires dans la fonction publique, imposé par le précédent gouvernement depuis 2010, a accentué la perte du pouvoir d'achat que subit l'ensemble des fonctionnaires depuis 1983, date à laquelle le gouvernement décide de désindexer les salaires de l'inflation.

Depuis 1983, les salaires en début de carrière ont fortement chuté en comparaison au SMIC. Ainsi pour un fonctionnaire de catégorie A, son salaire en début de carrière est passé de 1,8 fois le SMIC à moins de 1,2 fois le SMIC aujourd'hui. Et cela est encore plus frappant pour les fonctionnaires des catégories B et C. Ainsi, la nécessaire revalorisation du SMIC qui permet de fixer un minimum légal pour les salariés non qualifiés ne s'est pas traduite par une revalorisation des salaires en début de carrière pour l'ensemble des salariés qualifiés.

Toutes les catégories de fonctionnaires sont concernées par cette perte du pouvoir d'achat accentuée depuis le 1er janvier 2000. L'augmentation, depuis le 1er novembre 2012, du prélèvement pour pension civile (passant de 8,39 % à 8,49 %), pour permettre de financer le dispositif élargi de départs en retraite anticipée pour carrière longue, accentue de fait cette baisse du pouvoir d'achat.

La revalorisation de l'échelle indiciaire pour les cinq premiers échelons effectuée par le précédent gouvernement a écrasé l'évolution du salaire sur l'ensemble de la carrière. À partir du 6ème échelon, plus rien...

La politique des primes, mise en place par le précédent gouvernement, a non seulement individualisé les rémunérations des fonctionnaires, mais les a mis en compétition pour tenter d'atteindre des objectifs intenables. Selon un rapport de la DGAFP, remis aux organisations syndicales lors du Conseil d'Orientation des Retraites en septembre dernier, montre la disparité des revenus des fonctionnaires en raison des différentes primes versées. Or ces primes sont un piège à long terme. Car au moment de faire valoir ses droits à la retraite, elles ne sont pas intégrées dans le calcul des pensions. Ainsi, les fonctionnaires partent de fait avec une pension de reversion à peine supérieure à 50 % du dernier revenu. De plus, toute mesure de rémunération par prime sera inévitablement perdue au bout de 3 ans compte tenu du gel des salaires ou d'une faible revalorisation du point d'indice par rapport à l'inflation. En clair, si le gouvernement crée une prime de 90 euros (ISOE), en moins de 3 ans compte tenu d'une inflation de l'ordre de 1,5% annuelle, elle serait rattrapée par l'inflation. C'est bien la revalorisation du point d'indice qu'il faut obtenir et non une rémunération par prime.

Dans l'Éducation Nationale, il existe aussi des disparités entre les différentes catégories. En créant le corps des PE, les gouvernements n'ont jamais permis une intégration totale des instits dans le corps des PE. Une grande partie des « instits » n'atteint pas l'échelon terminal de la classe normale.

L'accès à la hors-classe est différent entre les enseignants du 1er degré et ceux du second degré. Pour la CGT Éduc’action, la seule façon de résoudre ces injustices passe par la suppression de la hors-classe, la création d'échelons supplémentaires. Il faut permettre enfin une totale intégration des instits dans le corps des PE avant de remettre le couvert avec les enseignants masterisés.

La CGT Éduc’action revendique :

  une refonte de la grille indiciaire de tous les corps permettant de rattraper la perte du pouvoir d'achat depuis 20 ans, en démarrant à 2 fois le SMIC pour les débuts de carrière PE, certifiés...;

  une augmentation immédiate des salaires de 70 points d'indice (300 euros) dans la grille indiciaire ;

  une revalorisation du point d'indice indexé sur l'inflation ;

  la création d'échelons supplémentaires dans la classe normale et la suppression de la hors-classe ;

  La suppression de toutes primes à la tâche ou au mérite et l'intégration de toutes indemnités de sujétions ou de fonction dans le calcul des pensions.

François-Xavier Durand