SALAIRES/PPCR : Quand Le gouvernement s’assoit sur le dialogue social

 

Ce protocole s’étale sur 4 ans (2016-2020) et consiste essentiellement en un re-pyramidage des grilles indiciaires et, pour les personnels enseignants, en une modification des modalités d’évaluation et des avancements de carrière.

La situation actuelle
Rappelons que la perte de la valeur du point indiciaire en Euros constants depuis 2000 est de plus de 14 %. Ce qui revient à dire que les carrières ont perdu 14 % de leur valeur. S’y ajoutera la perte de 2016-2020 s’il n’y a pas indexation du point indiciaire sur l’inflation... alors que le point indiciaire ne fera déjà l’objet d’aucune augmentation en 2016 (blocage pour la 6e année consécutive).

Que dit le protocole et que garantit-il ?
Il donne la « garantie » que pour une carrière complète (42 ans), chacun-e partira au dernier échelon de la hors-classe (appelée dans le protocole 2e grade)... Bien entendu, cela ne touche que les collègues qui débutent leur carrière après la mise en œuvre du protocole...

Est-ce une nouveauté ?
Non, c’est déjà le cas pour celles et ceux qui sont actuellement en début et milieu de carrière au moins jusqu’au 8e échelon !

Autres mesures
- Création d’un 8e échelon dans la Hors-Classe (2e grade) à l’indice 820 qui ne règle pas les pertes de salaires depuis 2000. Encore faut-il que chacun-e accède à la HC…
- Création d’un 3e grade qui ne serait donné qu’à une toute petite minorité de personnes et selon des critères flous.
- Intégration d’une partie des primes (9 pts, ce qui correspond à l’intégration d’une partie des primes dans le salaire). Cette intégration, si elle est une bonne chose, ne changera rien au net de votre fiche de paye.
- Modification des durées de carrière : Le but non avoué de ce protocole est de prendre en compte le rallongement des carrières. La durée moyenne d’une carrière dans la classe normale (1er grade) qui est actuellement de 26 ans avoisinerait les 30 ans...
L’appât, c’est une fin de carrière plus intéressante avec donc un gain théorique à la retraite... Comme si on avait une garantie sur ces dernières !!!...

Les non-dits :
- Une modification des modalités d’évaluation des personnels avec des évolutions de carrière à la tête du client.
- Une durée de l’application de ce protocole très allongée : on est à l’horizon 2020, autant dire en politique : une éternité !
- Un mauvais accord qui ne règle en rien le passé / passif.
- Un accord qui ne fait qu’entériner la dévalorisation des carrières de la Fonction
Publique.
Aux pertes accumulées, il convient de rajouter l’augmentation des cotisations retraites depuis 2012. Nous sommes partis de 8,12 % en 2012, nous en sommes en 2015 à 9,54 % et finirons à 11,10 % en 2020... Soit, par voie de conséquence, une perte de salaire de plus de 3 %.

Alors oui nous sommes fières et fiers que la CGT, première organisation dans la Fonction Publique, n’ait pas signé ce marché de dupes... Nous rappelons que toute négociation salariale ne peut se faire sans le dégel préalable du point d’indice et le rattrapage des pertes subies depuis presque 15 ans.

Yvon GUESNIER