Rythmes and blues

 

RYTHMES AND BLUES…

Et si le « débat » sur les rythmes était l'arbre qui cachait la forêt de ce qui fait le fond des réformes annoncées : le socle commun.

Le « débat » sur les rythmes scolaires semble la seule chose qui intéresse les médias et provoque des réactions des personnels du premier degré.

Pour la Cgt Éduc'action, nous avons adopté à notre dernier congrès des positions claires qui nous permettent d'aborder sereinement ce débat. Nous sommes entre autres favorables au rétablissement des 2 heures perdues par les élèves lors de la mise en place de l'aide personnalisée (laquelle n'avait pour but que de justifier la disparition des Rased que V. Peillon n'a visiblement pas l'intention de rétablir), ce qui revient à dire que nous ne sommes pas favorables à la semaine de 4 jours pour les enfants. Mais nous mettons en parallèle la situation des personnels.

La proposition de la réduction du temps de travail des P.E. et la volonté de déconnecter le temps de l'enfant de celui de l'enseignant-e  est la seule solution si on veut sortir de ce vieux débat par le haut. C'est bien le sens de la pétition nationale que nous avons lancée.

Reste aussi que l'école n'est pas en marge de la société et que la crise sociale que nous connaissons impacte certainement plus la vie quotidienne des enfants confiés à l'école publique que la résurgence du vieux serpent de mer des rythmes scolaires.

Ce « débat », et les propos hyper médiatisés du Ministre de l'Éducation Nationale servent surtout à cacher ce qui est le but non avoué de la « refondation » : la mise en place d'une école du socle (même si on y rajoute quelques éléments culturels) visant à pré-former, nous pourrions dire pré-formater les travailleurs-ses de demain et ce dans la continuation de la réforme Fillon de 2005 que nous avons combattu en son temps.

Cette école mise au service « de l'avenir professionnel des jeunes » -traduisez « au service d'une économie de marché » et « au service du patronat », ce n'est  pas la nôtre. Une autre école est possible, une école qui mettrait enfin l'adulte en devenir qu'est l'enfant au centre du système éducatif, pour lui permettre d'acquérir certes des bases indispensables, mais aussi des cultures communes.

Il n'y a pas de socle de « gauche » ni de socle de « droite », il y a simplement une vision « utilitariste » de l'école, conçue comme un simple vecteur de reconduction des inégalités sociales.

Notre conception est aux antipodes de celle du socle, c'est celle qui vise à l'émancipation, à la culture, à la capacité de réflexion des jeunes en formation, s'appuyant certes sur des compétences mais aussi sur des savoirs diversifiés... L'école du socle, c'est celle que  Bourdieu dénonçait celle de « L'école [qui] transforme ceux qui héritent en ceux qui méritent."  

Yvon GUESNIER