Rythmes :
Lettre ouverte aux maires

 

Madame, Monsieur,

La tenue des dernières élections municipales et la campagne attenante ont été un moment privilégié pour le débat municipal et parfois national, autour d’un certain nombre de questions.

Dans beaucoup de communes, un des principaux débats, ou argument de campagne, a été celui de l’application ou non de la réforme des rythmes scolaires, mais aussi des modalités de son application éventuelle. Cela a été l’occasion pour les parents d’élèves, mais aussi pour les enseignants et l’ensemble des partenaires intervenant dans le champ de l’éducation, de faire entendre leur inquiétude, et parfois leur opposition quant à cette question des nouveaux rythmes.

Nous sommes aussi conscients que cette question du nouveau temps scolaire institué par décret en février 2013, et largement dénoncé depuis (grèves, manifestations…), a été l’occasion de dé-voiler des positions très tranchées (pour ou contre) par les candidat-e-s.

Aujourd’hui, alors que les électeur-trice-s se sont exprimé-e-s et ont choisi, et que de nombreuses communes ont changé d’équipe municipale, la CGT Éduc’Action vient interpeller ces équipes nouvellement élues. En effet, attentifs au bien-être des élèves, des personnels, mais aussi des finances publiques et des collectivités territoriales plongées dans l’austérité, nous souhaitons connaître non seulement votre position quant à l’application ou non de la réforme à la rentrée 2014, mais également les éventuelles modalités.

Pour les communes où les candidat-e-s se sont clairement revendiqué-e-s opposant-e-s à la ré-forme, quelles sont aujourd’hui les décisions et orientations prises ou proposées aux prochains conseils municipaux ?

Pour les autres, où les décisions ne sont pas tranchées, quelles seront les pistes envisagées, le seront-elles avec l’ensemble des acteurs de l’École et le seront-elles dans les délais impartis par l’administration ? En effet, nous savons que le calendrier va s’accélérer pour les communes devant passer aux nouveaux rythmes en septembre 2014, alors même qu’elles devront prendre en main leur administration, gérer d’éventuels budgets rectificatifs et donc rechercher des partenaires-intervenants et constitution d’un PEdT.

On le voit bien, tout ceci s’entrechoque au détriment des résultats espérés. En effet, en analysant ce qui est déjà fait, on peut s’interroger sur la cohérence des horaires proposés et la déstructuration du temps avec des journées à horaires variables, sur l’augmentation de la fatigue des élèves avec une ½ journée supplémentaire, sur l’amélioration des résultats qui n’est pas probante. Ce dont nous sommes sûrs, c’est le coût engagé par les collectivités qui, s’il est important pour elles, n’est ni à la hauteur des besoins et des attentes, ni de leur compétence puisque relevant normalement de l’effort de l’État. Vous le comprenez bien, on est loin de la philosophie même de la réforme (diminuer la fatigue des élèves et l’ouverture culturelle et sportive) et de la réflexion politique de fond autour de l’École, du mieux réussir et de l’équilibre familial à trouver.

Nous vous rappelons que la CGT Éduc’Action s’oppose à cette réforme dite Peillon pour diverses raisons (décentralisation d’une partie de l’École, question des rythmes mal posée, aucune réponse favorable pour les élèves et les personnels…) et demande son abrogation. Dans ces conditions, nous restons des partenaires exigeants et attentifs aux positions des communes et à celles de leurs maires qui ont également très souvent montré leur opposition.

Dans l’attente de vous lire ou de vous rencontrer, la CGT Éduc’Action reste à votre disposition afin de connaître votre position et d’éventuellement en discuter.