Rythmes APRÈS LES 14 NOVEMBRE ET 5 DÉCEMBRE, CONTINUONS LE COMBAT !

 

Il n’aura pas fallu très longtemps après la mise en œuvre de la réforme des rythmes scolaires, dans moins de 20 % des communes, pour que les professionnels de l’Éducation nationale et des collectivités territoriales, mais aussi les parents d’élèves, confirment les craintes et critiques formulées par la CGT 6 mois avant la parution du décret PEILLON : une réforme bâclée, menée sans véritable concertation avec l’ensemble des acteurs concernés, et dont l’objectif affiché d’un mieux-être de l’enfant, apparait de plus en plus éloigné. Cette réforme est dangereuse pour les élèves, les personnels et plus globalement pour le maintien des prérogatives de l’Éducation Nationale sur l’Éducation.

Depuis des mois, la CGT Éduc’action dénonce une réforme qui a pour principal objectif une décentralisation d’une partie des missions de l’État au profit des collectivités territoriales. Ce glissement des missions va immanquablement aggraver les inégalités de traitement sur le territoire et créer une confusion entre scolaire et périscolaire. Elle va surtout à l’encontre de l’intérêt des enfants et de celui de l’ensemble des acteurs concernés. Le décret n’est pas, pour la CGT Éduc’action, la seule lubie d’un homme seul qui tient à laisser son nom dans l’Histoire. Il est cohérent avec la politique libérale menée par ce gouvernement. Il est cohérent avec la loi Peillon dite de Refondation de l’École, qui maintient et sacralise le socle commun, qui pérennise, après la loi Peillon dont elle est la suite, une École des compétences patronales et de l’employabilité.

Le Premier Ministre s’est engagé auprès de l’Asso-ciation des Maires de France à élargir à l’ensemble de l’extrascolaire (centres de loisirs, centres aérés, etc.) l’assouplissement du décret permettant que, dans le cadre du périscolaire, un animateur n’ait plus face à lui 10 ou 14 enfants, mais 14 ou 18. Aux abois, il est prêt à n’importe quoi pour acheter les maires. Mais avec ça, qui dira encore que cette réforme se fait dans l’intérêt de l’enfant ?

Prisonnier de sa politique libérale le gouvernement tente d’assimiler les enseignants en lutte à des réactionnaires. Il est vrai qu’aujourd’hui, on médiatise plus de bonnets rouges que de syndicalistes en lutte. Mais, autant pour la réforme des rythmes que pour celle des retraites, la CGT n’est pas une militante du refus systématique et du statuquo.

Les partisans de ce gouvernement, comme ceux des précédents, utilisent à l’envi l’argument du conservatisme des enseignants ; lesquels ne se soucieraient que de leur pré carré. Mais cet argument, depuis vingt ans, sert à dénoncer tous ceux qui combattent les régressions. Si le Moderne est celui qui veut casser le code du travail, revendiquons le statut de conservateur, celui qui le défend !

La CGT Éduc’action ne défend pas et n’a jamais défendu la situation catastrophique imposée par la semaine de 4 jours de Darcos. Pour nous, c’est clair, c’est ni décret Darcos, ni décret Peillon !

Mais avant de se retrouver autour d’une table pour discuter de ce que pourraient être des réformes progressistes de l’École, il nous faut abattre ce décret qui crée une situation pire que la précédente. Après, il faudra agir pour que vivent nos revendications. Cette question traverse l’ensemble de la société et l’ensemble de l’École (de la maternelle au supérieur). Travaillons donc collectivement pour que les élèves, les professionnels de l’Éducation et les parents (autres victimes de la dégradation de leurs conditions de travail) bénéficient toutes de véritables avancées et voient leurs conditions de vie, de travail et d’études s’améliorer. Travaillons d’abord à mettre fin à la semaine de 4 jours de Darcos car elle est néfaste. Travaillons ensuite pour qu’une future réforme résulte d’une large concertation avec l’ensemble des acteurs de l’École, qu’elle n’entraine pas une régression des droits et des conditions de travail des personnels, qu’elle garantisse la réelle gratuité de l’école dans un cadrage national (pour une équité des territoires et usagers).
 Travaillons à la reprise en main de la difficulté par des enseignants spécialisés (RASED complétés et développés sur l’ensemble du territoire) afin que chaque enfant ait à sa disposition les conditions de réussite.

Travaillons surtout à combattre les vraies raisons de la fatigue des élèves : classes surchargées, bâtiments non adaptés, temps en collectivité très long, ennui des apprentissages vides de sens (programmes indigestes de 2008).
On le voit, il y a de quoi discuter sur le fond pour qu’une vraie réforme progressiste voie le jour, qui ne soit pas qu’un simple bricolage mathématique entre jours et nombre d’heures de classe.
Collectivement, travaillons à mobiliser les personnels, les parents et les décideurs locaux et amplifions la contestation.
Prenons nos responsabilités et travaillons dans une large unité autour de la principale revendication, retrait du décret Peillon ! Le mouvement qui s’amplifie et qui conteste la politique de Peillon, à travers la réforme des rythmes, n’est pas un mouvement de nantis immobilistes. Au contraire, il s’inscrit dans la volonté de créer une école émancipatrice, une école où il fasse bon vivre pour les élèves. Depuis que le gouvernement Ayrault est en place et mène, dans tous les domaines, une politique réactionnaire à l’encontre des droits des salariés, c’est la première fois qu’il existe une lutte structurée nationalement.
Notre première étape est de faire sauter le décret et son application. Il faut donc continuer la lutte après les journées des 14 novembre et 5 décembre. Il faut continuer à construire la mobilisation dans l’unité la plus large.
 
Jérôme SINOT & Jean GRIMAL