Restons debout !

 

À chaque éditorial, nous nous interrogeons sur les sujets à aborder ou à
souligner. Ce n’est pas que nous sommes en difficulté pour trouver
l’inspiration, mais plutôt que nous sommes en difficulté pour choisir parmi
toutes les attaques à critiquer…
En effet, à chaque ministre ou gouvernement, nous dénonçons une
dégradation sans cesse plus violente de la situation globale dans l’Éducation.
À chaque fois, nous sentons la froideur de la lame sur le cou du service public
d’Éducation. Si le mammouth est bien dégraissé, il est désormais à
euthanasier selon la volonté du Président et de son ministre. Une seule
motivation, dérégler la machine pour l’accuser de mal fonctionner et ainsi
imposer des réformes qui vont la démanteler encore plus… C’est un triste et
funèbre cercle vicieux.
Cette stratégie ne s’applique pas uniquement à l’École. C’est le fondement du capitalisme et de la politique libérale appliqués dans la sphère politique et sociale. Ce schéma de pensée et les actions qui en découlent sont ancrés dans notre société contemporaine. Ils visent à exploser le cadre solidaire de notre modèle social hérité du Front populaire et de la Libération.
Tous les services publics aujourd’hui sont en pleine déconfiture. Sans parler de l’atroce loi de la réforme de la Fonction publique votée en juillet dernier, il
suffit de dresser un tableau, certes noir, mais objectif de la situation. À l’École, parlons des personnels dont 30% sont désormais des non-titulaires, parlons du manque de personnels qui empêche les formations sur le temps scolaire, qui empêche les remplacements lors des arrêts maladie, qui surcharge mécaniquement les classes... Parlons de pédagogie et de liberté à exercer notre métier sereinement sans pression ou injonction. Parlons de l’absence de temps pour prendre du recul sur notre métier et lui donner du sens, pour échanger avec nos collègues de façon formelle ou non d’ailleurs… Mais parlons aussi des autres services publics qui disparaissent ou s’effritent. Qui ne s’en est pas rendu compte en allant consulter à l’hôpital ? Qui ne s’en aperçoit pas en tentant d’aller demander un conseil aux Finances publiques ? Qui parle maintenant de service public pour l’énergie ou l’eau ?
Tout ceci est un exercice de destruction massive : l’individualisation de nos métiers doit aller de pair avec l’individualisation de notre société.
Prochaine étape, l’explosion du cadre général et solidaire de notre système des retraites. On était des salarié·es pauvres, ils veulent nous transformer en retraité·es pauvres. Il parait que c’est ça le progrès… Jusqu’à quand allons-nous subir en silence ? Il y a urgence à s’y opposer. Tout n’est pas écrit. C’est de notre survie dont il s’agit !