Rentrée 2014 : circulaire indigente

 

Au-delà de ces déclarations de principes, la réalité bute sur le manque de moyens.

L’amélioration des conditions d’apprentissage est réduite à la réforme des rythmes scolaires (et des préconisations aussi fondamentales que la place des récréations, le rythme des activités et la nécessité de fixer des repères temporels aux élèves. Nous n’y aurions évidemment pas pensé tout seuls), le plus de maître que de classe et des adaptations pour les TPS.

La circulaire consacre tout un paragraphe à la question de l’évaluation qui doit être l’objet de réflexion, nous dit-on. Pour autant, faute de moyen en formation continue, la réflexion sera nourrie simplement par des fiches placées à notre disposition en ligne. En conséquence, nous nous retrouverons seul face à nos pc sans émulation collective.

Une annexe nous rappelle qu’une évaluation n’a d’intérêt, pour l’élève, que s’il en comprend le sens. On affirme que les évaluations sont mal vécues par nos élèves et qu’elles génèrent de la stigmatisation et de la dévalorisation par le classement qu’elles induisent. Pour autant, et paradoxalement, la notation chiffrée est réaffirmée ; elle doit être menée en parallèle des évaluations par compétences.

Ce double système est une double peine pour l’élève comme l’enseignant. L’évaluation chiffrée induit mécaniquement de l’échec, les études statistiques nous l’ont pourtant démontré... Quant au système de l’évaluation par compétences, il tend à fractionner les savoirs et à leur conférer un aspect uniquement instrumental qui ne saurait répondre aux besoins de l’école. Il nous apparaît urgent que le monde de l’éducation relance une réflexion sur l’évaluation, ses modalités et surtout ses finalités, à fortiori lorsque l’on prétend lutter contre les inégalités scolaires.

La réduction des inégalités passe essentiellement, selon la circulaire, par la pseudo refondation de l’éducation prioritaire. Rappelons au passage que le manque de moyens consacrés à cette question a fait que le plus de maitres que de classes se voit appliqué prioritairement aux REP+, tout comme les TPS. Il s’agit bien d’un recul en termes d’ambition avec ce qui était proposé précédemment. Nous ne contestons pas la nécessité de ces postes qui permettent de modifier nos pratiques, de croiser les regards mais bien la faiblesse du nombre d’écoles concernées au regard de ces besoins et des enjeux. Réduire les inégalités sociales passe par un abaissement drastique du nombre d’élèves par classe (cf. étude Star ou Piketti) ; cela impose donc de recruter massivement !

Favoriser la bienveillance au sein de l’école passe également par de la formation et des moyens.

Alors même que la Cour des Comptes doute de la capacité du Ministère à remplir ses engagements en termes de création de postes, la réponse ministérielle ne peut être seulement le numérique. Numérique pour la formation initiale dans la professionnalisation des collègues, numérique pour la formation continue.

Copie indigeste, à revoir…

Fabienne CHABERT