Questionnaire sur la direction d’école : un écran de fumée

 

Questionnaire orienté, réponses déconnectées… Travail bâclé, zéro pointé

La forme
- Mail envoyé sur les boîtes des écoles : qui y répond ? combien de fois ?
- Comment seront traitées les remontées ?
- 4 questions ouvertes sur 31 : quelle compilation possible ?
- Questions 16 et 17 : les choix pourraient être cumulables, mais ne le sont pas : pourquoi ? => Bref, si on ne s’attachait qu’à la forme on retiendrait déjà que les remontées de cette enquête sans valeur scientifique auront une légitimité toute relative.
Le fond
Comme pour les évaluations CP/CE1, ce questionnaire est très orienté sur une des lubies du ministre et va permettre, n’en doutons pas, de faire revenir sur le tapis, le nouveau statut de chef·fe d’établissement du premier degré ;
Ce questionnaire est insultant pour les enseignant·es chargé·es de direction, dont le temps de travail pour l’école dépasse largement les 60 heures hebdomadaires. Comment le ministère peut-il proposer « moins de 10h par semaine » ?
Le questionnaire évacue les questions qui fâchent :
- Moyens humains, RASED, AESH, médecins scolaires, CMP, IME, assistant·es sociaux·ales... qui rendent le métier d’enseignant·e et de directeur·trice compliqué ;
- Rémunération des directeurs et des directrices ;
- L’aide administrative pour gérer le quotidien de l’école pendant que le·la directeur·trice ENSEIGNE ;
- La pression hiérarchique, les enquêtes annuelles à remplir, les doubles ou triples
tâches (Voir encadré).
Quant aux mesures concrètes et immédiates proposées par le ministre, elles interrogent tout autant :
- Une journée de décharge supplémentaire pour tou·tes les directeur·trices sur la période novembre/décembre.
Les moyens de remplacement sont en tension partout, qui va venir remplacer les directeurs et directrices d’école ?
- Un moratoire sur les enquêtes pour cette année scolaire : si le ministère n’en a
pas besoin, pourquoi juste les suspendre ?
- Évocation de l’embauche de service civique comme aide administrative : une mauvaise blague ?
- Réunion à organiser en urgence au cours du mois de novembre dans chaque circonscription. Outre que les IEN ont leur propre agenda de réunions déjà prévues, encore une fois le ministre demande aux directeur·trices de se réunir un soir bien souvent, mais parfois le mercredi matin ou après-midi (oui, oui !!!) pour alléger leur tâche : on marche sur la tête !
Les demandes et les besoins des directeur·trices d’école sont connues du ministre. Rappelons nous que si les directeur·trices sont surchargé·es de travail, c’est aussi parce que les enseignant·es chargé·es de classe sont également submergé·es de
tâches annexes à l’enseignement (imprimés à rédiger et/ou compléter pour les demandes d’aides, les projets…). Outre l’allègement de ces tâches qui n’apportent aucune « valeur ajoutée » au bénéfice des élèves, la CGT Éduc’action revendique une réduction du temps de travail qui permettra à l’ensemble des enseignant·es de sortir de la spirale « injonction - urgence - saturation ».
Saisissons-nous, dans le questionnaire, des parties « expression libre » pour évoquer les réels besoins du terrain et des équipes (en termes de réduction du temps de travail par exemple mais aussi de conditions de travail) et ne pas nous laisser imposer un statut dont nous ne voulons pas car il ne peut être la réponse appropriée au malaise de la direction d’école !