Primes ECLAIR

 

L’indemnité Eclair ou l’arbitraire tous les mois sur votre fiche de paye!


L’arrêté n°2011-1101 du 12 septembre 2011 a créé une indemnité spécifique pour tous les personnels travaillants dans les Eclairs.
Ni cumulable avec la prime ZEP ni avec les bonifications en NBI politique de la ville.
La prime éclair est composée de 2 parts : une fixe et une modulable (il semblerait que ce soit de mise dans la fonction publique !)
La part fixe est d’un montant annuel de 1 156 €, soit l’équivalent de la prime ZEP. Elle sera versée tous les mois sous les mêmes conditions que la prime ZEP (et donc au prorata temporis du service actif).
La part modulable ne concerne que les personnels qui accomplissent la totalité de leur service en Eclair et assure des « missions et ou des responsabilités particulières ay niveau de leur école ou de leur établissement ». Elle est d’un montant maximum de 2 400 € annuel.
La modulation est déterminée par l’IEN en concertation avec le directeur d’école et les enseignants. La mise en œuvre de cette part modulable est déterminée par l’IEN en concertation avec le directeur d’école et les enseignants. A l’issue de cette concertation, l’IEN propose à l’IA les décisions individuelles d’attribution de la part modulable, qui sera versée après service fait.
Quand aux directurs-trices, ils devraient recevoir 150 % de cette indemnité.
Passons sur l’ambiance que cela va créer dans les salles des maitres-ses mais parlons plutôt du fond.
Les primes à part fixe et part variable sont issues du livre blanc de la fonction publique de Jean Ludovic Silicani. Nos collègues administratifs connaissent un de ses avatars : la Prime de Fonction et de Résultat, alias la PFR.
Leur but est d’introduire dans la gestion des personnels de la fonction publique française le «New Public management ». Un grand nombre de ses préconisations se voient maintenant appliquée : loi dite de mobilité, remplacement de la notation/inspection par une évaluation, mise en place de la prime de fonction et de résultat et de primes modulables, mutations au profil … Bref, la bible de ce dernier gouvernement …
Cette prime est idéologiquement libérale; elle vise à faire croire qu’on va enfin reconnaitre le travail des fonctionnaires, mieux reconnaitre leurs mérites individuels et collectifs.
Pourtant, selon un rapport de 2005 produit par l’OCDE, les primes variables ont « une incidence restreinte- sinon négative- sur les performances. (…) Les perspectives de carrière et de promotion et l’intérêt du travail exercé s’avèrent être les facteurs de motivation essentiels pour les fonctionnaires, loin devant l’incitation « rémunération à la performance » ».
L’objectif n’est donc pas la performance puisque même l’OCDE indique que cela n’a aucun effet… En recourant à la prime, notre employeur fait à nouveau le choix de se dédouaner de ses responsabilités face aux régimes sociaux.
Plus encore, il s’agit d’une nouvelle attaque contre le droit à une carrière normale, avec des avancées d’échelon, une grille indiciaire préétablie…., autant de garanties collectives entravant la logique libérale, autant de verrous à faire sauter à leurs yeux .