Plus de Maîtres que de classes : un dispositif en trompe l’œil.

 

Plus de Maîtres que de classes :

un dispositif en trompe l’œil.

 

La circulaire sur le dispositif du « Plus de maîtres que de classes » est parue le 18 février dernier. Ce dispositif sera appliqué dans un certain nombre de ZEP pour la réussite des élèves de cycle II. Alors que la loi d'orientation fixe à 7000 (sur les 14000 créés par le Ministre) le nombre de postes sur ce dispositif sur l'ensemble du quinquennat, regardons de plus près ce que cela va réellement être.

Force est de constater qu'il y a quand même des petites manœuvres derrière cet affichage de chiffres.

Si budgétairement, le Ministre tend à rendre une grande partie des postes supprimés sous l'ère Sarkozy, le dispositif mis en place ne s'ajoute pas aux postes rendus mais les remplace en partie! Ainsi depuis 5 ans, les écoles ZEP ont subi de plein fouet les suppressions de postes, ce qui a eu comme conséquences des fermetures de classes, parfois sur plusieurs années consécutives, augmentant sensiblement le nombre d'élèves par classe. Parfois même, les dispositifs qui s'apparentaient à cette « nouvelle » mesure ont été supprimés.

Lors des premières opérations de carte scolaire, on constate ainsi que les seuils de fermetures n'ont pas baissé. Le nombre d'élèves par classe en ZEP restera au mieux le même ou au pire, risquera d'augmenter.

Qui décide ?

D’après la circulaire, ce sont les équipes qui doivent établir un projet pour demander un tel poste. Mais dans la réalité, le nombre de postes étant contraint par le Ministère, ce sont les DASEN, via les IEN, qui décident les écoles pouvant rentrer dans un tel dispositif et qui devront ensuite élaborer un projet. Sur quels critères les écoles sont elles « choisies» ? Que se passe-t-il si une école refuse ? Que se passe-t-il si une autre école souhaite mettre en œuvre ce dispositif ?

Sur le fond, il est inacceptable que les écoles soient ainsi mises en concurrence pour entrer dans ce dispositif. Au final, le nombre de postes attribué risque d'être dérisoire par rapport au nombre d'écoles concernées !

D’autre part, on constate que certains de ces postes sont la contrepartie d'une fermeture de classe ! Ce dispositif s'apparente-t-il donc à une suppression de postes différée ?

Combien de temps ?

La circulaire est assez vague sur la pérennité de ce dispositif. Ou plutôt, elle risque d'être claire sur la non-pérennité de ce dispositif. En effet, il est indiqué dans la circulaire que le dispositif doit être pluriannuel. Donc à minima 2 ans... mais rien de plus. Ce n'est donc pas par définition un dispositif pérenne pour les écoles. D'ailleurs dans certains départements, le DASEN a indiqué que le projet fera l'objet d'une évaluation, d'un bilan et qu'il ne devra pas perdurer dans les écoles. Il sera redéployé sur d'autres écoles éventuellement.

Conséquences pour les personnels

La circulaire précise que les enseignants des écoles qui entrent dans ce dispositif auront une formation spécifique sous la forme d'animations pédagogiques ou par le PAF. Le temps « gagné » par la mise en place des activités pédagogiques complémentaires pourra servir à réaliser le projet, le mettre en œuvre, l'évaluer et le faire évoluer. Les postes seront profilés et les enseignants devront passer un entretien avec les IEN. Mais la circulaire précise aussi que l'équipe des écoles entrant dans ce dispositif devra être stable. Cela voudrait-il dire que l'ensemble des postes sur ces écoles seront des postes à profil ?

Ainsi sur les deux dispositifs mis en place, ce sont 10 000 postes à profil sur 14000 pour le 1er degré soit 71,4% des postes créés seront des postes à profils ! 

La CGT Éduc’action revendique :

la création de postes supplémentaires permettant le travail en petit groupe ;

un abaissement significatif du nombre d'élèves par classe à 20 élèves par classe maximum en ZEP.

 
François-Xavier DURAND