Pédagogie : nouveauté dans la notation,
continuité dans le socle

 

Le livret scolaire

Il s’agit d’un nouvel outil pour les enseignant-e-s et les parents, il sera plus ergonomique que feu le LPC, et notamment ne sera pas une « usine à cases ». Il sera présenté sous forme numérique et courra du CP à la 3ème. Il n’y aura pas de modèle national et ce sera seulement un cahier des charges. Ce sont les conseils des maîtres qui choisiront le livret avec sans doute une présentation en conseil d’école.

Le cahier des charges portera une nouveauté : la présentation des éléments de programme travaillés pendant la période, sur lesquels les élèves seront évalués, selon le principe d’un menu déroulant.

Le bilan de fin de cycle maternelle servira aux parents de point d’appui pour comprendre ; il n’y aura pas des centaines de choix possibles, seulement quelques têtes de chapitre.

Le deuxième document

Ce document servira à situer l’élève par rapport aux huit domaines du socle. Le socle commun est réparti en cinq domaines, mais le premier, sur les langages est partagé en quatre : langue française, langue étrangère ou régionale, langage des arts et du corps, langage mathématique, scientifique, informatique.

Le système dual, acquis / non acquis sera remplacé par un déroulé de quatre possibilités : maîtrise insuffisante, maîtrise fragile, maîtrise satisfaisante et très bonne maîtrise. Le document sera numérisé et existera également sous forme papier. Il comportera un espace de communication avec la famille, qui devra le viser.

Les évaluations de 2016/2017

Il n’y aura pas d’évaluation de fin de cycle, mais un étalonnage des évaluations. Le cadre ressemblera donc à celui de cette année, une banque d’items, pas de remontées, des évaluations normées, pour que tous les collègues puissent se référer au même étalonnage dans tout le pays.

Le but est seulement de les aider dans leur classe ; s’ils en ont besoin, elles/ils utiliseront tout ou partie de ces évaluations étalonnées pour savoir où en est l’élève. Pour le moment, ce ne sera proposé qu’en CE2 (en 6ème, on verra plus tard).

Ces évaluations ne seront pas forcément diagnostiques comme celles de cette année et elles concerneront tous les domaines, pas seulement le français et les maths.

En guise de conclusion

Après avoir pris connaissance de ces dispositifs et ces évaluations, on a envie de dire « Pas de quoi fouetter un chat ! », mais il faut bien avoir en tête les buts idéologiques de ce gouvernement, comme des précédents.

Il s’agit de mettre tout le monde au pli, dans un cadre idéologique unique et indépassable, que tout le monde fasse la même chose : ce que veut le ministère. C’est également à la lumière des programmes qu’il faut regarder ces « nouveautés ».

Prenons un exemple, comment évaluer le savoir-lire quand la ligne officielle prônée, de plus en plus appuyée, consiste à dire que lire, c’est traduire de l’écrit en oral ? Que penser également de la présentation des éléments de programmes dans le livret scolaire ? Indiquer aux parents ce qui a été travaillé est une bonne chose, qui se fait d’ailleurs déjà largement. Mais, sous cette forme, il s’agit surtout d’obliger à se conformer strictement à des programmes plus que contestables, en enterrant la liberté pédagogique. On peut s’interroger sur les buts d’une telle standardisation des informations transmises aux parents.

On fait passer les programmes du statut de référence à consulter obligatoirement à celui de passage obligé, ce qui est loin d’être la même chose. Il n’y a rien d’étonnant à ce que ce soit dans le cadre du socle commun, lui aussi horizon indépassable.

Flicage et formatage sont à l’œuvre depuis longtemps. Ces nouveaux dispositifs ne sont que des éléments supplémentaires de cette entreprise visant à pérenniser le socle commun, bref à adapter l’École aux besoins du patronat.

Jean GRIMAL