PPCR : C’est quoi ? C’est quand ?

 

Concernant les nouvelles grilles salariales, plusieurs choses se jouent dès janvier 2017. Tout d’abord, les grilles actuelles seront revalorisées de 4 à 11 point d’indices selon les échelons sans être modifiées. Ensuite, au 1er septembre, ces grilles seront transformées avec pour tous les personnels accès au grade identique, maintien de l’ancienneté et accès à l’indice identique ou immédiatement supérieur. En définitive, une fin de carrière à la hors classe se fera donc à l’indice 821 contre 783 actuellement. En apparence tout ceci n’est pas négligeable, mais il ne faut pas perdre de vue la perte engendrée par des années du gel du point d’indice et par l’augmentation continue des cotisations retraites. Celle de janvier 2017 sera à peine compensée par la revalorisation des grilles. C’est dire…
La grande nouveauté de ces nouvelles grilles est l’introduction d’un grade supplémentaire appelé classe exceptionnelle. Rien que le nom fait rêver. Ce grade ne sera pas accessible à tou-te-s, mais sera destiné à « récompenser » les personnels en fonction de missions particulières (directeur-trice-s ou formateur-trice-s par exemple) ou ayant enseignés pendant 8 ans en éducation prioritaire. Attention, ces dernier-ère-s auront 80% de ce corps réservé. Il n’y aura donc que 20% du grade accessible au reste du personnel… Vous avez dit faible ? En créant ce nouveau grade, le gouvernement souhaite répondre à l’allongement des carrières. Mais en réalité, en instaurant un grade à accès fonctionnel (GRAF), il institutionnalise la rémunération au mérite et accentue les inégalités entre collègues ainsi que les inégalités salariales femme/homme.
Il y aura donc une plus grande hiérarchisation des corps et plus particulièrement des PE. L’exemple du premier degré est éloquent. La valorisation pour l’accès à ce nouveau grade des fonctions de directeur-trice d’école, (emploi occupé majoritairement par des hommes), se fera au détriment des femmes, dans un corps très fortement féminisé.
L’autre nouveauté est l’accès à la hors classe à partir de la 2e année du 9e échelon. Les taux promus/promouvables seront ainsi fixés pour permettre une convergence avec les taux appliqués au second degré.
Le second volet du PPCR réside dans l’évolution du mode d’évaluation. Des promotions pourront avoir lieu lors des rendez-vous carrière. Il s’agira de gagner 1 an potentiellement au cours des 6e et 8e échelons. Ces promotions seront contingentées à hauteur de 30 % des enseignant-e-s évalué-e-s. Globalement cela équivaut à avancer un peu plus vite qu’à l’ancienneté mais beaucoup moins vite qu’au grand choix. D’autre part, au-delà de ces quatre rendez-vous carrières, des inspections « gratuites » interviendront dans un but de conseil. Pour l’heure, rien n’est réglé et rien n’est fixé : la grille nationale d’évaluation n’est pas prête ni celle de passage de grades et la date d’application pas décidée… On attend… Cela aura une grande influence sur le caractère égalitaire ou non de la progression de carrière et donc sur la revalorisation réelle. 
Voilà comment le gouvernement et le ministère voient l’évolution des rémunérations des personnels de la Fonction publique. Ce sera l’héritage, léger et couvre-sexe, d’une politique salariale qui aura oublié d’augmenter le pouvoir d’achat de ses agents et de valoriser leur investissement et l’augmentation de leur niveau de qualification. À défaut d’être un signe positif, c’est un coup politique incertain…
Pour mémoire, la CGT Éduc’action revendique
une grille salariale démarrant à 2 fois le SMIC, la suppression de la hors classe et de la classe exceptionnelle,
un avancement réparti en 18 échelons sur un seul grade, avec rythme d’avancement identique pour tous,
l’intégration des primes et indemnités dans le salaire de base,
le versement immédiat à tous les personnels de 400 €, soit l’équivalent de 90 points d’indice, pour compenser en partie la perte de pouvoir d’achat qu’ils ont subie,
l’indexation de la valeur du point d’indice sur l’indice des prix à la consommation et le retour de la retraite à 60 ans, à taux plein (sans décote), pour une durée de carrière de 37,5 années.
Fabienne CHABERT