Où va l’école ?

 

Rien ne change : la loi d’orientation le confirme, le squelette de l’École (et du collège) reste un socle commun désormais totale-ment institutionnalisé. Un toilettage du LPC à venir n’y changera rien : nous restons avec une École où les compétences patronales règnent en maîtresses, une école de l’employabilité et de la parcellisation des savoir-faire, une école du minimum, sauf pour une élite, une école du socle où l’on enferme les élèves dans des cases dont ils ne sortiront jamais, une école du fichage des élèves comme des enseignants.

Mais les choses évoluent : la division nouvelle des cycles nous rapproche du collège. Ce n’est pas en soi un problème pour la CGT, mais le but cherché est bien d’aligner tout le monde sur le socle commun et de trouver mille moyens de contrôler l’activité des enseignants : le nouveau conseil école/collège n’est qu’un outil de plus au service de cette cause.

Si elle est d’abord mise en place pour normaliser le temps de travail des PE (semaine de 5 jours classique et 1 gros mois de vacances d’été), la réforme des rythmes scolaires permet aussi une évolution tout aussi inquiétante : le mélange des genres va faciliter l’entrée dans l’école d’autres professionnels. Certaines associations pédagogiques en phase avec le gouvernement le disent tout cru : l’École repliée sur elle-même a échoué, il faut confier l’éducation à tous, y compris les professionnels de l’animation, d’au-tant plus que les associations nationales sont totalement intégrées au processus des compétences. A terme, plus besoin d’enseignants.

Bien sûr, l’École sanctuaire a conduit à ce que nous vivons, mais le remède proposé est pire que le mal. Quels savoir-faire les élèves pourront-ils utiliser, quels savoirs pourront-ils construire sans l‘aide des enseignants ?

Jean GRIMAL