Mouvement Nouveau mouvement intra pour le premier degré : le "cadeau" de Blanquer

 

Nouvelles règles du mouvement intradépartemental, nouvelles atteintes aux droits des personnels. Le ministre persiste et signe !

Sur ce sujet du mouvement des enseignant·es comme sur d’autres, le ministre avance, droit dans ses bottes sans se préoccuper des avis des un-e-s et des autres, ni des dommages qu’il cause ; il n’est pas là, on l’a bien compris, pour faciliter la vie des enseignant·es.

La refonte du mouvement intradépartemental est en marche. Sur ce sujet comme sur d’autres, le ministre avance, droit dans ses bottes sans se préoccuper des avis des un·es et des autres, ni des dommages qu’il cause ; il n’est pas là, on l’a bien compris, pour faciliter la vie des enseignant ·es. Il est comme le boxeur de "15e round" de Lavilliers : « Avance, toujours, avance ! » Il faut absolument tenter de ne faire qu’un seul mouvement, alors que, dans la réalité, il en faut deux, il y en a deux, quand ce n’est pas trois, avec l’été. Pour des tas de raisons, ça ne pourra pas fonctionner, mais qu’importe.
Avance, toujours, avance ! Il se décide donc dans l’ensemble des départements de la sauce à laquelle les participant·es obligatoires au mouvement vont être mangé·es. Ici, ce sont des voeux obligatoires géographiques sur un zone trop vaste, là on se retrouve dans des zones d’où il faudra attendre vingt ans pour en partir, là encore, on peut être nommé·e sur un service segmenté, sans connaitre tous les segments,
ici enfin, on peut devenir remplaçant·e sans l’avoir voulu.
Ces choses-là ne sont pas totalement nouvelles ; depuis quelques années des départements ont servi de poissons pilotes.
La décision de Blanquer n’est donc pas un coup de tonnerre dans un ciel serein, mais la généralisation de pratiques antidémocratiques déjà testées.
Et cela va donner des résultats.
Les DASEN cherchent tout ce qui va « rendre » en termes de nombre de nominations à titre définitif et ils trouvent. Ils auront bien mérité du Ministre. Nul doute que tout ce beau monde, en passant par les penseurs de la DGRH du Ministère se gobergera : « Regardez, ça a fonctionné, nous avons plus de titres définitifs, le mouvement est fait en un seul coup. ». Peu importe les dégâts. Avance, toujours, avance !
Pour le coup, oui, le mouvement sera fait, tellement fait que « voeux » contraints ou pas, il ne sera plus possible de rien gratter lors du mouvement suivant, en 2020, nous nous apprêtons à vivre des années de blocage du mouvement intra, comme nous le vivons déjà avec le mouvement inter.
Le paradigme du mouvement est donc changé : d’une phase de choix des collègues suivie d’une d’affectation de l’administration, mais provisoire, nous passons à une seule phase d’affectation forcée par l’administration où nombre de collègues seront attaché·es, tel·les les Dalton de Morris, à un boulet dont ils·elles auront grand peine
à se débarrasser.
Sans compter les DASEN qui ont retardé l’examen de la circulaire du mouvement pour en présenter une « maison » qui ne pourra pas être discutée, faute de temps ! Sans compter les difficultés que les personnels des DSDEN vont rencontrer avec le nouvel outil ! Mais ils ne comptent pas plus que les enseignant ·es pour le ministre.
Avance, toujours, avance !
Enfin, de nouvelles priorités légales sont apparues, on peut y rattacher l’AGS, l’exercice en éducation prioritaire, et il y a aussi le rapprochement de conjoints.
Mais, sous prétexte de ne pas bouleverser le résultat d’années de dialogue social, on fait comme si elles n’existaient pas, on leur accorde quelques points, mais rien de plus qu’avant. Et souvent, elles doivent passer derrière d’autres priorités non légales.
Si tout est bon dans le cochon, rien n’est bon dans la forme nouvelle que prend le mouvement intra du premier degré. La CGT Éduc’action a exprimé à plusieurs reprises son opposition totale à cette évolution réactionnaire, qui prive des fonctionnaires de leur droit à muter. Avec toutes les autres organisations syndicales, d’une manière ou d’une autre, nous nous sommes adressés au ministre.
En vain ! Avance, toujours avance !
Mais au bout du chemin, il pourrait bien y avoir un mur et le ministre devrait alors s’arrêter. La CGT Éduc’action participe et participera de toute son âme à la construction de ce mur