Caroussel

 Métier Une rentrée dramatique pour les personnels

 

Quel sera le prochain coup de bâton du ministère ?
Quelle sera la prochaine étape dans cette casse volontaire des personnels de l’Éducation nationale ? Faudrait-il de nouveaux Jean Willot, Christine Renon, Laurent Gatier, Frédéric Boulé pour que le ministère et le président de la République comprenne que la pénibilité et la souffrance sont réelles ?

À tous les niveaux, cette souffrance se fait sentir de manière très violente :
- plusieurs suicides et tentatives de suicide chez les enseignant·es, directeur·trices
d’école et chef·fes d’établissement ;
- menaces et agressions par des parents d’élèves ;
- agressions entre élèves et mort d’un élève devant son établissement.
Les mois de septembre et octobre 2019 ont été ponctués de ces « faits divers » relayés par la presse, qui sont parfois le lot quotidien de certains établissements scolaires.
Ces tristes événements pointent les nombreuses difficultés de l’École :
- réformes qui s’enchainent à vitesse grand V, sans moyens supplémentaires, sans concertation avec les acteur·trices de terrain et/ou acceptation de leur part ;
- programmes scolaires qui changent à chaque nouveau gouvernement ;
- manque de considération de la part du ministère de l’Éducation nationale envers tous les personnels ;
- scandaleuse absence de médecine du travail qui devrait être un chantier prioritaire de notre ministère.
De manière générale, la marche forcée pour les dédoublements CP et CE1 en éducation prioritaire, les évaluations CP et CE1, l’école inclusive sans les moyens nécessaires, la transformation des personnels du RASED en « pôle ressources »,
la réforme du Bac, réforme de la voie professionnelle, parcours sup sont autant de mesures qui plombent l’École de la maternelle au lycée.
Localement, la rentrée n’est pas glorieuse, et les situations vécues localement sont transposables partout en France :
- effectifs surchargés et emplois du temps intolérables, non prise en compte des
élèves en situation de handicap et sous-effectif du côté du personnel d’entretien
dans le second degré ;
- nominations tardives des collègues titulaires secteur, des élèves sans AESH à la rentrée malgré leur notification MDPH dans le premier degré ;
- pour les personnels AESH, la situation est catastrophique et inhumaine puisque nombre d’entre eux·elles n’ont pas signé de contrat, n’ont pas touché de salaire et ont été convoqué·es à une formation pendant les vacances en étant informés une semaine avant !
Quel sera le prochain coup de bâton du ministère ? Quelle sera la prochaine étape dans cette casse volontaire des personnels de l’Éducation nationale ? Faudrait-il de nouveaux Jean Willot, Christine Renon, Laurent Gatier, Frédéric Boulé pour que le ministère et le président de la République comprennent que la pénibilité et la souffrance sont réelles ?
Avec l’application de loi de réforme de la Fonction publique et la suppression de certaines prérogatives (mouvement, mutations, promotions) des commissions paritaires mais aussi avec la fin des CHSCT, nous craignons pour la future prise en
compte de la souffrance au travail. Le projet de réforme des retraites avec un âge pivot à 64 ans va également pénaliser les salarié·es en général et les personnels de l’Éducation en particulier. Quelle qualité de vie aurons-nous avant et après la retraite ? Pourquoi vivre plus longtemps pour vivre mal ? C’est ça le modèle de société prôné par le président Macron ?