Métier Direction d’école : on est très loin du compte !

 

Notre collègue directrice est morte épuisée par les conditions de travail que ce ministère, après les autres — plus que les autres ! — fabrique pour tous ses personnels, directeur·trices d’école ou pas. Elle est morte victime du management, des pressions de la hiérarchie, des tâches lourdes et inutiles, d’un métier vidé de son sens par celles et ceux qui commandent.
Morte d’être traitée comme un larbin.
Et, évidemment, ses conditions de travail inhumaines, son instrumentalisation, son rôle forcé d’exécutante, en face des penseurs, ont à voir avec le métier qu’elle exerçait, la direction d’école.
Car, si le suicide de notre collègue ne peut s’y résumer, il y a une vraie question à propos de la direction d’école à laquelle le ministre ne veut pas répondre. Au contraire, il en profite pour en finir avec ce qui le gêne, le système original de fonctionnement du collectif dans les écoles. L’absence de hiérarchie, système efficace, dérange car il manque un chaînon dans un système vertical.
La CGT Éduc’action dénonce les conditions de travail de nos collègues chargé·es de direction, leur contrôle permanent via des tâches administratives plus que lourdes et inutiles, qui les empêchent de jouer leur rôle de facilitation pédagogique. C’est à cause de cela, du manque de moyens humains (pour les décharges et l’aide administrative par des personnels statutaires) et de leur utilisation malsaine comme relais de la hiérarchie que les collègues craquent.
La CGT Éduc’action a des propositions pour l’animation des écoles comme alternative à ce projet de statut hiérarchique qui est la pire réponse possible.
Ni améliorer les conditions de travail ni favoriser le bon fonctionnement des écoles ne se font avec un lien hiérarchique.
Au contraire, il faut que le conseil des maître·sses soit l’instance de décision souveraine et que les équipes, en particulier, décident seules de leur fonctionnement. La tentation pour certain·es de voir un corps de direction apparaître est une chimère car tout le monde n’y goûtera pas et il sera soumis à concours de recrutement.
Dans l’immédiat, la CGT Éduc’action revendique un temps de décharge assuré par un·e collègue dédié·e à cette mission. Elle revendique le réemploi des anciens « contrats aidés » sur les missions pérennes d’aide administrative à la direction d’école, puis la création d’emplois statutaires nécessaires à leur titularisation.
Nous revendiquons des sites d’école largement équipés et adaptés (après avis des personnels) aux différentes activités pédagogiques des élèves, des enseignant·es et de tous les personnels intervenant dans ces lieux, mais aussi aux différentes réunions de médiation ou interventions spécifiques des personnels de santé et prévention et l’abandon de toutes les tâches administratives inutiles et inappropriées.
Pour la CGT Éduc’action, à plus long terme, aucune école ne doit dépasser 200 élèves ou 10 classes. Nous revendiquons une animation collégiale des équipes avec une décharge de direction à disposition de l’ensemble de l’équipe pédagogique, des postes administratifs sous statut de la Fonction publique.