Maternelle : Quoi de neuf ?

 

Lundi 6 janvier 2014 : tiens, un article dans le métro.

Comme c’est merveilleux ! Pour les environ 15 000 écoles maternelles publiques que compte la France, en tout et pour tout 10 "classes de préscolarisation" viennent d’ouvrir ou sont en projet pour 2014 ! DIX !!!!! pour toute la France !

Et nous avons l’infini privilège d’en avoir une à Lyon, depuis la Toussaint, à l’école Fournier dans le 8e arrondissement ! UNE !!! la première ! l’unique !

Mais qu’est-ce donc que ce projet fantastique financé par la ville de Lyon, l’État et la Caisse d’Allocations Familiales ? C’est une classe avec trois adultes pour une vingtaine de tout petits (moins de 3 ans) : un-e professeur-e des Écoles, un-e éducateur-trice et un-e ATSEM.

Objectif : les "préparer en douceur à intégrer une classe de petite section"... Bref rien de plus que les conditions matérielles minimales d’apprentissage telles qu’elles devraient être du début à la fin des études pour permettre de respecter et bien-traiter chacun-e : élèves et personnels !

Pourquoi donc faudrait-il être "préparé en douceur à intégrer une classe de petite section" ? Moi, naïve, j’ai toujours cru que c’est toute la maternelle qui "préparait en douceur" à ce cours lui aussi "préparatoire" qui emmène encore tranquillement vers les classes élémentaires conduisant elles-mêmes progressivement aux cours moyens !... etc. etc. en quête de l’épanouissement et l’émancipation progressive de l’élève... Mais que se passe-t-il donc pour les enfants, dès qu’ils ont dépassé le cap fatidique des 3 ans, dès la petite section et pour les douze à quinze années qui suivront ?...

Et bien, ce n’est plus doux du tout ! 30 élèves en moyenne dans une classe trop petite avec au grand maximum (et seulement pour les moins de 5ans) deux adultes (ATSEM et enseignant-e pour s’en occuper ! C’est juste invivable qu’on ait trois ans, qu’on en ait seize ou qu’on soit l’adulte chargé de ces jeunes êtres en devenir !

C’est pourtant ce que j’ai constaté et vécu dans l’écrasante majorité des établissements scolaires où j’ai exercé depuis dix ans ! C’est brutal pour tout le monde et indigne du service public !!! Comment peut-on être préparé à ça ?!?! Et à quoi prépare-t-on les élèves qui supportent ça, résistent à ça, réchappent à ça ?

Un chiffre officiel incontestable et affligeant : 20 % d’échec scolaire total à seize ans. C’est le constat accablant pour notre système scolaire des récentes assises sur l’éducation prioritaire.

On reconnaît le degré d’évolution d’une société humaine à la manière dont elle traite ses enfants. Quand arrête-t-on les dégâts ? Stop au bricolage minimaliste ! Basta l’atelier emplâtre et jambe de bois ! Les gargarismes auto-satisfaits de notre hiérarchie et de nos politiques sont pitoyables ! Où sont passées toutes les belles ambitions pour l’École Publique ? "Que sont nos Services devenus... qu’avait pourtant tant défendus... la Cgt... Ils ont été trop clairsemés... je crois... la crise les a ôtés... " Mais non : LA LUTTE N’EST PAS MORTE ! Avec la Cgt Éduc’Action, grâce à l’outil syndical, refusons de laisser détruire nos métiers et nos enfants à petit feu ! D’autres choix sont possibles ! Un être humain, un-e futur-e citoyen-ne ne se construit pas au rabais ! Les conditions de vie au travail conditionnent le travail ! On assure pleinement sa mission au service des personnes quand on va bien ! Les élèves apprennent et s’épanouissent quand ils sont dans de bonnes conditions pour le faire !

Nous demandons à exercer nos professions dans de vraies conditions professionnelles, dignes du service public de haute qualité pour lequel nous militons chaque jour.

Catherine LEWANDOWSKI