Maternelle : Pas une école à part

 

En effet, déjà l’an dernier, le débat était ouvert, notamment pour l’école maternelle. Faut-il différencier le temps d’école entre la maternelle et l’élémentaire ?

En fait, le débat se réduit à « exploiter » les temps d’attention maximale des élèves et à les mettre prioritairement à l’école ! Drôle de conception de l’école. Une école qui se voudrait utilitariste et rentable !

Car, réaffirmons-le, l’école maternelle a ses spécificités qui nécessitent d’autres conditions que celles de réduire le temps scolaire. En maternelle, comme ailleurs, le temps en collectivité n’est pas tout le temps trop long, tout dépend des conditions d’accueil :

- Les classes surchargées (25, 30, voire même plus) ne sont pas des conditions optimales pour se socialiser, se développer et apprendre... Il faut des classes de 20 maxi et 15 pour l’accueil des 2 ans-3 ans.

- Les dortoirs sont trop souvent situés dans les salles de motricité dont la capacité d’accueil ne permet pas à tous les élèves de se reposer correctement. Là encore, supprimer les temps de sieste de l’école obligerait les parents (le plus souvent les mères…) à accepter encore plus de temps partiels, et donc de précarité, afin de garder leurs enfants ou à choisir un service de jardin d’éveil payant. Redisons-le, le réveil est aussi un temps d’apprentissage, de retour à la socialisation, aux apprentissages. Qui mieux que l’école peut permettre de le faire ?

- Les cantines doivent permettre aux enfants de manger dans de bonnes conditions, favorisant le calme et non l’excitation. Dans certains endroits, les relevés sonores démontrent que l’interclasse est une des causes de la fatigabilité des enfants.

- Il est urgent de mettre en place des programmes adaptés qui laissent la place aux apprentissages par le jeu sans développer une forme de pré-CP. En ce sens, réaffirmer la grande section dans le cycle 1 est une bonne chose.
Enfin, on peut facilement imaginer les conséquences sur nos affectations et nos statuts si un gouvernement venait à distinguer les temps scolaires de l’école maternelle et de l’élémentaire et réduisait celui de la maternelle. Ce serait de plus un véritable transfert de compétences vers les collectivités locales (comme cela est le cas avec l’actuelle réforme des rythmes scolaires) et source de conflits entre personnels.

Pour les parents, on en connaît déjà les conséquences en termes de coût et de contraintes pour leur emploi.

La CGT Éduc’Action réaffirme son opposition à cette réforme des rythmes scolaires et sera vigilante si d’autres attaques contre l’École, et notamment l’école maternelle, venaient à se mettre en place.

D’autres pistes existent, la CGT Éduc’Action les porte.

François-Xavier DURAND & Andrée MAHAY-AUBIN