Loi blanquer : une vision de l’école que nous combattons

 

Une dérive autoritaire !
Article 1 : En utilisant le principe du « devoir d’exemplarité » le ministères souhaite restreindre la liberté d’expression des personnels, et museler une parole qui commençait à se libérer sous l’impulsion des mouvements comme celui des « stylos rouges » ou du hashtag #PasDeVaguequi ont émergé, fin 2018.
Une école managée et hiérarchisée
Article 6 : La loi ouvre la possibilité de création d’établissements publics locaux d’enseignement des savoirs fondamentaux.Ces nouveaux établissements pourraient regrouper une ou plusieurs écoles et un collège, le tout sous la direction du principal du collège qui deviendrait donc le supérieur hiérarchique de toutes les équipes. Les effectifs d’écoles seront ainsi globalisés entraînant l’augmentation des seuils de classe. Cet article permettra aux académies de supprimer des postes de directions. Les directions restantes deviendront adjoint·es des proviseur·es.De plus, cette mesure portera atteinte aux libertés pédagogiques et remet en cause la souveraineté des conseils des maîtres et maîtresses. Elle pourrait également entraîner une mobilité contrainte des personnels entre collège et école.
Des cadeaux au privé
Articles 2 à4 : En rendant obligatoire la scolarisation dès 3 ans, le ministère fait en réalité un énorme cadeau à l’enseignement privé en France. Dorénavant les collectivités locales (à savoir les mairies) devront également financer les maternelles privées. Ce montant est évaluéà150 millions d’euros, autant de moyens en moins pour le service public !
Un métier précariséArticles 10 à13 :
Les ESPE seront remplacées par les INSPE (Instituts Nationaux Supérieurs du Professorat et de l’Éducation), dont les directions seront nommées par le ministère. Àcompter de la rentrée prochaine, les étudiant·esassistant·es d’éducation pourront intervenir en classe,et seront utilisés comme moyens d’enseignement à partir du master. Alors même que nous dénonçons le manque de formation des enseignant·es avant leur prise de poste et durant leur parcours professionnel, l’Éducation Nationale montre qu’enseigner est un métier réalisable sans préparation, sans qualification. Cette loi est un véritable outil de précarisation de l’emploi, l’Etat s’assure une réserve de personnels à bas coût qu’il pourra utiliser en fonction des besoins !

DES RÉFORMES QUI RENFORCENT L’ÉCOLE DU TRI SOCIAL !
Sélection à l’entrée de l’université, augmentation des droits d’inscription pour les étudiant·es étranger·ères,construction d’un lycée encore plus élitiste,casse de l’enseignement professionnel, renforcent la sélection. Au contraire, laCGT Educ’action défend une École émancipatrice et récuse le tri social qui est aggravé par la politique du ministre Blanquer. La CGT Educ’action demande le retrait des réformes du lycée
Nous voulonsdes moyens pas des drapeaux !LaCGT Éduc’actionne comprend pas la volonté d’introduire des symboles comme la présence obligatoire du drapeau tricolore et de la Marseillaise, mais aussi le laxisme complaisant du ministre sur les questions de l’uniforme ou l’exclusion des mères voilées des sorties scolaires.Ces débats interminables montrent combien l’École représente un enjeu politique. Chaque nouvelle loi sur son évolution donne l’occasion aux député·es les plus réactionnaires d’avancer leurs idées. La nouveauté réside dans l’accompagnement actif du ministre qui valide tous ces ajouts.

Manifestations partout le 30 mars, des AG pour décider des suites, et d’ores-et-déjà une journée de grève nationale le 4 avril.