Loi Blanquer PIAL : détérioration programmée de l’accompagnement des élèves en situation de handicap

 

Bien que dispositif national, chaque département définira l’échelle (EPLE, école, circonscription, inter-degré), les modalités de fonctionnement tant sur le pilotage que la mise en œuvre ou les acteurs et actrices impliqué·es dans ces pôles.
Présenté comme un progrès dans la gestion de l’école inclusive, il est vrai que les conditions de travail des personnels et d’accueil des élèves se verront à certains égards améliorées.
Ainsi les parents bénéficieront d’une cellule d’écoute centralisée pour répondre plus rapidement à leurs inquiétudes ou questions. Dans certains départements, un mouvement pour les AESH a été organisé dès le mois de juin, leur permettant ainsi de connaître leur affectation et prendre contact avec les collègues de l’école.
De plus les quotités des contrats de travail devraient être à minima de 24h/semaine sur 41 semaines, et peuvent même aller au-delà, à l’image du 76 qui a décidé de contrats de 26h/semaine dans le premier degré et 39h/ semaine dans le second et l’inter-degré.
Cependant ce « processus révolutionnaire progressiste » s’arrête au milieu du gué !
En effet, sous couvert de souplesse du dispositif pour permettre une meilleure réactivité dans l’accompagnement, les personnels, notamment les AESH vont êtres contraint·es à être très polyvalent·es et mobiles (changement de lieu d’exercice) ce qui impactera nécessairement leurs conditions de travail.
D’ailleurs cette souplesse sera obtenue au détriment des élèves qui se voient de plus en plus attribués des notifications d’aide mutualisée. Pire, la coordonnatrice ou le coordonnateur du PIAL pourra modifier les heures d’accompagnement de l’élève notifiées par la MDPH en fonction de l’organisation des moyens et non des besoins. Cela inquiète sur la synergie demandée aux différents acteur·trices (RASED, service de santé scolaire, services sanitaires ou médicosociaux… MDPH) à contribuer à la réussite de ce projet.
Par ailleurs, si on ne peut que se féliciter de la volonté de formation des AESH comme des enseignant·es accueillant des élèves en situation de handicap, la question du moment de celle-ci (sur ou hors temps scolaire), son contenu et son animation restent flous.
Ainsi, la construction de ce dispositif reconnait de fait des besoins et un métier, celui d’AESH.

Mais force est de constater qu’il ne se donne pas les moyens de créer un nouveau corps et donc un statut qui permettrait de stabiliser ces personnels, de les reconnaitre comme collègues à part entière et de leur garantir des droits.
Pire il met à mal des expériences positives de collaboration entre l’École et le médicosocial, détruit des structures et des fonctionnements performants (ITEP, SESSAD, IME…) et confère aux RASED des missions qui ne sont pas les siennes, faisant tendre dangereusement les difficultés scolaires vers le handicap.