Le mythe des création de postes dans le 1° degré

 

Le mythe des création de postes dans le 1° degré

Alors que le Ministre de l'Education Nationale est confronté à son premier conflit social dans le premier degré contre la réforme des rythmes scolaires, il poursuit sa campagne de communication en réaffirmant à qui veut l'entendre la priorité du gouvernement pour l'éducation avec la création des 60 000 postes.

Mais derrière ce chiffre se cache une autre réalité. Tout d'abord, pour la CGT Educ'Action, le nombre de postes supprimés sous l'ère Sarkozy est de 80.000 postes, par conséquent, nous avons toujours revendiqué la récupération à minima des postes supprimés, mais aussi la création de postes supplémentaires pour répondre aux besoins des équipes.

Ainsi, sur les 14000 postes annoncés pour le 1er degré en annexe de la loi dite de « Refondation de l'école », le Ministre prévoit :

  • 7 000 postes pour le « Renforcement de l'encadrement pédagogique dans les zones difficiles » appelé aussi « Plus de maîtres que de classe » ;

  • 3000 postes pour la scolarisation des enfants de moins de trois ans ;

  • 4000 postes pour « l'amélioration de l'équité territoriale interacadémique ».

Sur les 14.000 postes seuls 4000 correspondent à un rattrapage des postes fermés sous Nicolas Sarkozy. Les 10.000 autres postes correspondent à de nouvelles missions données à l'école primaire. Qui dit nouvelles missions (tout à fait justifiées par ailleurs) dit budgétisation de postes pour les prendre en charge. Ce qui n'est aucunement le cas !

D'autre part le choix des écoles « bénéficiaires » des postes, que ce soient pour la scolarisation des 2 ans ou pour le dispositif « plus de maîtres que de classes », relève de l'arbitraire le plus complet.

En effet, ce sont les DASEN qui ont décidé des écoles qui bénéficieraient d'un des dispositifs, sans aucune transparence d'attribution. Ainsi si officiellement les équipes doivent réellement un projet, dans tous les cas, les écoles sont de fait mises en concurrence entre elles.

Enfin, les conditions d'affectation des personnels sur ces postes posent aussi question. On va vers un profilage des postes et une affectation particulière avec un entretien préalable.

Cela ne vous rappelle rien ? Elaboration d'un projet, affectation sur projet avec profilage des postes : Eh oui.... Les ECLAIR !

Concernant la scolarisation des enfants de moins de trois ans, si effectivement, il y a nécessité de travailler avec les collectivités locales pour mettre en place des structures adaptées à l'accueil des enfants de cet âge, la façon de faire risque fort d'échapper aux enseignants.

Et c'est bien là le problème!

Pour la CGT Educ'Action, la scolarisation des 2 ans ne peut se faire qu'en abaissant de façon significative le nombre d'élèves par classe en maternelle à 20 élèves par classe en ZEP et 25 hors ZEP, et à 15 pour l'accueil des 2 ans.

Pour la CGT Educ'Action, le « plus de maîtres que de classes » passe nécessairement par aussi un abaissement du nombre d'élèves par classe notamment en ZEP et surtout par une liberté de fonctionnement des équipes. Il ne peut y avoir concurrence entre les écoles par projet. Toutes les écoles doivent pouvoir bénéficier des moyens nécessaires pour fonctionner et permettre la réussite de tous les élèves.

François-Xavier DURAND