Le CAPPEI enterre les RASED : réagissons !

 

Pire, ils revendiquent le changement de cap : la fiche ministérielle sur les tuteur·trices stipule que : « Il [le CAPPEI] remplace les formations prévues dans le cadre du CAPA-SH et le 2CA-SH : ces formations, séparant adaptation et handicap et structurées par option, ne correspondaient plus aux besoins des enseignants ni à la réalité des élèves. »
La CGT Éduc’action a pu faire divers constats :
- dans de nombreux lieux de formation (Lyon, Cergy, Grenoble…) la tendance est à la fusion des deux dominantes du parcours « enseigner en RASED » ;
- dans de nombreux lieux de formation, les anciens formateur·trices à la rééducation ont été écarté·es d’une manière ou d’une autre (à Poitiers par les IEN ASH), ou, partant à la retraite, n’ont pas été remplacé·es par des semblables (Bordeaux) ou encore ont vu le nombre de stagiaires dont ils ont la responsabilité considérablement restreint (Paris) ;
- il n’y a plus de formation à la rééducation pour les académies de Versailles, Bordeaux, Rennes, sans parler d’Aix-Marseille.
- de même, un certain nombre de tuteur·trices ont été écarté·es, ou on leur a demandé de prendre en charge des stagiaires de l’autre dominante (Lyon) ;
- dans un nombre croissant de circonscription, les stagiaires maître·sses d’adaptation sont contraint·es de faire exclusivement de la co-intervention ;
- dans certaines académies où la formation à la dominante « aide relationnelle » n’existe pas, on tente de contraindre les stagiaires à choisir l’autre dominante « aide pédagogique » ;
- les résultats de la certification, dans les endroits où on les connaît, sont extrêmement mauvais.
Le ministre Blanquer s’est pourtant prononcé à plusieurs reprises contre la médicalisation de l’échec scolaire. Pourtant, même s’il n’a pas choisi de justifier la croisade qu’ont menée ses prédécesseurs contre l’enseignement adapté, il ferme les yeux et laisse se multiplier les pressions contre les formateur·trices et tuteur·trices rééducateur·trices ou contre les choix pédagogiques des stagiaires maitre·sses d’adaptation.
Nous sommes à la croisée des chemins ; il s’agit désormais de sauver un métier, et même de sauver les métiers du RASED. Car s’il y va de la survie des rééducateur·trices, les maître·sses d’adaptation sont également menacé·es et le ministre n’hésite pas à dire que les psychologues scolaires sont des gens utiles, mais qu’il ne prône pas le fétichisme des dispositifs : les Psyen oui, mais pas forcément dans les RASED…

Dans ce cadre, la CGT Éduc’action appelle à la résistance et exige :
- que les deux dominantes du parcours « enseigner en RASED » soient clairement séparées dans tous les lieux de formation ;
- que, partout où la formation à la rééducation existe ou peut exister parce que des formateur·trices existent, il n’y ait aucun empêchement ni de la hiérarchie, ni des directions d’ESPE à ce qu’elle se mette en place ;
- que les pressions pour que les maître·sses d’adaptation stagiaires ou titulaires pratiquent exclusivement la co-intervention en classe cessent ;
- que le ministère mette enfin son nez dans les formations dispensées et produise une étude qualitative de la réalité.

La formation qui mène au nouveau diplôme est d’autant plus catastrophique que, des échos que nous avons, les premiers résultats sont loin d’être satisfaisants ; à peine le tiers des candidat·es est validé dans certaines académies, quel que soit le parcours. Comme quoi, l’invention par le cabinet de la ministre Vallaud-Belkacem d’une formation ne correspondant à rien semble se heurter à la réalité.
C’est pourquoi, pour sauver ce qui peut l’être, la CGT Éduc’action remet en cause l’existence même du CAPPEI et demande son abrogation et le retour au CAPA-SH.

Dans ce cadre, la CGT Éduc’action agit au sein du Collectif national RASED pour changer les choses et être audible auprès du ministère. Le collectif vient d’ailleurs d’émettre un communiqué de presse reprenant un certain nombre de questions que nous soulevons. À lire ICI…