LOI D’ORIENTATION : EN L’ÉTAT, C’EST NON !

 

LOI D’ORIENTATION : EN L’ÉTAT, C’EST NON !

 

Loi d’orientation et de programmation : nous sommes plus dans la continuité que dans le changement. Le mot même de continuité peut être trompeur : à cause des exigences du patronat en cette période de crise du système économique libéral, cela est même parfois pire.

Comparons le projet de loi à sa sœur aînée, la loi d’orientation Fillon de 2005 et tout va se dérouler. Le socle commun est maintenu, rappelé souvent, au cas où nous l’aurions oublié, et, au final, sacralisé. Pour que les choses soient bien claires, dès la première page on nous énonce les fondamentaux : égalité des chances et non promotion collective ; transmission des connaissances et non construction des savoirs ; valeurs communes, dont on sait qu’elles sont celles des classes dominantes. Rien de tout cela ne permettra de refonder l’École !

Il faut que ce socle « devienne le principe organisateur de l’école obligatoire ». Cela confirme ce que dit la Cgt Éduc’action depuis des mois : un socle garantissant une école des compétences patronale, de l’employabilité et une école obligatoire qui a vocation à se terminer à 15 ans afin de recruter des salariés pas ou peu qualifiés. Voyons quelques aspects concernant le premier degré.

Est créé un Conseil Supérieur des Programmes qui décidera du "nouveau" socle et du "nouveau" livret personnel de compétences maintenu. Nous gagnons aussi un Conseil National de l’Évaluation du système éducatif qui « se prononce sur les méthodologies et les outils des évaluations conduites par le ministère chargé de l’éducation nationale ». Depuis des années, la Cgt Éduc’action proteste contre le fait que ce soit la direction des affaires scolaires du ministère qui chapeaute les évaluations au lieu de la direction de l’évaluation (DEP) dont les rapports, fort intéressants, ont été oubliés et que l’on met de plus en plus au placard.

L’École du socle se met en place à travers le renforcement de la liaison école - sixième : un conseil école collège est créé, de même qu’un cycle CM2 - 6e ; et ce n’est pas pour faciliter les liens entre l'école primaire et le collège mais pour imposer la logique du socle.

La maternelle est toujours placée dans la logique des TSA, elle doit prévenir les soi-disant troubles des apprentissages.

Enfin, il faut dire un mot de la privatisation rampante de l’Éducation Nationale : collectivités et entreprises se font une place encore plus large dans l’édifice : l’exemple le plus probant est le concept de campus des métiers. Ce sont des « pôles d’excellence offrant une gamme de formation (…), ils pourront accueillir différentes modalités de formation (statut scolaire, apprentissage, formation continue, validation des acquis de l’expérience) » : tout est dit.

Avec Peillon, l’École est maintenue dans sa tâche d’intégration au système et poursuit son adaptation aux conditions de l’emploi voulues par le patronat. Rien de nouveau sous le soleil ! Seule la mobilisation, la plus large possible, des enseignants permettra d’arrêter et d’inverser le processus.

Jean Grimal