LA MATERNELLE AU CENTRE DE TOUTES LES ATTENTIONS

 

La maternelle au centre de toutes les attentions

Parmi les rapports cachés de l’IGEN, l’un d’entre eux concerne la maternelle. Faisant feu de tout bois, il évoque pêle-mêle l’organisation, l’enseignement de la langue orale, l’efficacité de l’école maternelle. Au-delà des constats que nous partageons partiellement, le rapport propose quatre pistes de réflexion : penser le cursus de l’école maternelle selon une approche progressive construite parallèlement au développement de l’enfant, favoriser les apprentissages de tous les enfants en personnalisant leur parcours, améliorer la professionnalité de tous les acteurs qui font l’école maternelle et repenser la gouvernance de cette dernière.

Pour coller à la progressivité, il est ainsi proposé de différencier l’organisation des sections avec l’instauration d’une petite section en classe-passerelle pour les enfants à partir de leur troisième anniversaire.

Il est également demandé de favoriser le retour à l’école en seconde partie d’après-midi, après le dortoir. Pourquoi alors, ne pas proposer une scolarisation à mi-temps en élémentaire pour pouvoir faire tourner les locaux entre les cycles et multiplier ainsi le nombre d’élèves accueillis ? Cette proposition est scandaleuse car l’administration en revient à préconiser des adaptations du temps scolaire aux contraintes locales en remettant en cause le cadrage national. Attachés au cadrage, nous dénonçons aussi les propositions de mise en cohérence des projets pédagogiques des écoles avec les plans éducatifs locaux.

La section des grands serait, elle, plus scolaire afin de préparer au CP et se matérialiserait dans la salle. Dommage qu’il ne soit pas demandé à ce que le cycle 2 se cale sur le fonctionnement de la maternelle pour favoriser la manipulation... 

Une longue partie du rapport évoque la nécessité de former aux gestes professionnels spécifiques à la maternelle via les plans annuels de formation ou dans les circonscriptions. Quand on connait le manque criant de remplaçants, nous pouvons être certains que cela ne produira pas de grands effets.

Là où ça se gâte vraiment et où nous divergeons, c’est lorsque l’Inspection Générale préconise l’instauration de moyens pour que les écoles ECLAIR mettent en place des dispositifs d’aide au langage dans le cadre de la prévention des difficultés scolaires. Au-delà du fait que, pour nous, la prévention des difficultés scolaires doit concerner tous les élèves, nous rappelons que ce dispositif doit être abrogé ! Et tout dérape quand il est proposé de modifier les affectations en fonction des stages suivis en formation initiale et continue. Les mutations doivent rester soumises au barème ; sous couvert de mesure de bon sens, il ne s’agit ni plus ni moins que la mise à mal de nos garanties collectives. Que les collègues soient accompagnés lorsqu’ils changent de niveau ou de cycle nous apparaît comme une bonne chose. Cela ne doit en aucun cas avoir des répercussions sur la suite de leur carrière.

Plus que jamais, il convient de développer une école maternelle accueillante et bienveillante. Ceci ne peut pas se faire sans formation ou sans prise en compte de la nécessité de locaux adaptés à taille humaine.

Fabienne CHABERT