L’arnaque des créations de postes

 

Dans les trois académies qui accueillent plus de la moitié de la hausse des effectifs, Versailles (+ 5700 élèves), Créteil (+ 5200) et Lyon (+ 4400), on peut tout de même donner quelques chiffres. À l’heure actuelle, le Val-d’Oise affiche 55 postes classe de plus que l’année dernière (pour 1756 élèves en plus), le Rhône 88 (pour 2609 élèves en plus) et les Hauts-de-Seine 2 en moins pour 557 élèves en plus. Dans aucun de ces trois départements pris en exemple, la hausse démographique n’est couverte par la dotation, fût-elle positive.

Une chose est sûre, le compte n’y est pas.

Depuis trois ans, que ce soit pour les "réformes" ou pour les "postes", le gouvernement, à grand renfort de médias complices, même quand ils ne sont pas de la même tendance, nous vend mensonges sur mensonges. De la réforme des rythmes scolaires qui améliorerait les conditions d’études des élèves aux fameux 61 000 postes, tout cela n’est que du vent. La plupart des postes créés permettent d’accueillir les stagiaires et d’en faire une variable d’ajustement, au détri-ment de leur formation. Des départements particulièrement sinistrés sont obligés de recruter des contractuels ou n’ont jamais cessé de le faire ; le cas de la Seine-Saint-Denis, même s’il est particulièrement grave, n’est pas unique.

Les sorties de l’Éducation prioritaire permettent de racler des postes classes ou des bouts de décharges de direction et, parfois, on ferme même des classes en REP+.
Si, ici ou là, quelques collègues intègrent une formation CAPA-SH, le sort des RASED est réglé : les 5000 postes supprimés par Sarkozy passent en pertes et profits. Nulle part on en recrée. La mort lente se poursuit avec la création à venir d’un corps de psychologues de l’Éducation nationale qui aura entre autres, pour conséquence de focaliser ces collègues sur le handicap, au détriment des RASED et par le tarissement prévu, accompagné, organisé des maîtres G.

Le dispositif Peillon : « plus de maîtres que de classes » reste du domaine de l’affichage et se fait au détriment des postes classes. Il en est de même pour les postes « accueil des élèves de moins de trois ans » qui n’ont pas toujours un effet bénéfique dans les communes où les classes de TPS existent déjà. En outre, l’un comme l’autre permettent la création de postes à profil, échappant au mouvement et au contrôle des élus du personnel. Ce ver dans le fruit, grossit de plus en plus, à l’instar des directeurs de REP+, désormais définitivement choisis par l’administration.

L’école a besoin de changer de fond en comble pour ne pas continuer à aggraver les inégalités sociales. Elle ne le fera pas sans moyens. La charité dont fait preuve le ministère est totalement insuffisante, sa politique va à l’encontre du changement dans l’École, elle le rend impossible. Ainsi, dans un dépar-tement comme les Hauts-de-Seine, pour avoir des conditions décentes d’exercice du métier (sans aller jusqu’aux revendications de la CGT Éduc’action), il faudrait créer environ 400 postes ; la dotation de cette année est de 30…

La CGT Éduc’action, dans le droit fil de la lutte contre l’austérité qui s’est exprimée le 9 avril dernier, revendique beaucoup plus de postes et le retour d’une vraie formation pour les stagiaires.