Je refonde, tu refondes...

 

Je refonde, tu refondes... ils-elles refondent...

Reste à souhaiter que nous ne nous fassions pas refaire...

 

Les ateliers autour  de « la refondation de l'école » ont commencé cet été et devraient se  terminer d'ici fin septembre. Au moment où sont écrites ces lignes, il est certes difficile   de savoir ce qui en sortira et quelle influence auront ces réunions sur la future Loi de programmation...

Reste quand même qu'un certain nombre d'ateliers se sont déroulés, concernant entre autre le 1° degré, et qu'il est est d'ores et déjà possible d'en tirer quelques réflexions.

La première, c'est qu'au delà d'une qualité d'écoute et de la possibilité pour chacun-e de s'exprimer, il y a un ressenti de « déjà bouclé »... En clair l'impression que les animateur-trices de ces ateliers avaient un cahier des charges devant déboucher sur des conclusions compatibles avec une Loi de programmation sinon déjà totalement bouclée, tout au moins déjà en grande partie écrite.

Ensuite, le sentiment  que de ce qui, pour nous, est nuisible, pour ne pas dire plus, rien ne serait réellement remis en cause. Socle commun réaffirmé, pas de réelle remise en cause du LPC, pas de réelle remise en cause de l'Aide Personnalisée, pas de retour sur les programmes de 2008...

D'autre part, à aucun moment, il n'a été envisagé une consultation des acteur-trice-s de terrain si ce n'est à travers  leurs organisations syndicales. Pas de journée banalisée envisagée, pas de réelles remontées des personnels.

Une parole libérée, certes, après 5 ans de chape de plomb, mais  pas vraiment à priori de révolution en marche par rapport à ce qui a fait le fond idéologique des politiques Darcos-Chatel (socle commun, évaluations normées, LPC, pilotage hiérarchique par indicateurs de type tableaux de bord...) si ce n'est des déclarations de principe sur le fait que bien entendu, les buts sont différents... Bref on garderait le bébé en changeant partiellement l'eau du bain...

A cela s'ajoute que ces ateliers réunissent beaucoup de « cadres » de l'Education Nationale (IGEN, DASEN, IEN et Chefs d'établissements...) et peu de personnels de terrain (en dehors de représentant-es des associations et/ou syndicats). On ressort, certes satisfaits d'un débat souvent« intelligent » mais entre gens de bonne compagnie peu habitués à se contredire ou à se remettre en cause...

Du boulot sur la planche pour nous, et pour celles et ceux qui veulent une autre école...

A suivre donc...

Yvon Guesnier, Fabienne Chabert, Jerôme Sinot