Inspection piège à...

 

INSPECTION, PIÈGE À…

 C’est un lieu commun de dire que l’inspection est souvent mal vécue par les enseignants. C’est pour cela, qu’en 1982, le ministre de l’Éducation Nationale Alain Savary avait adopté un moratoire sur les inspections individuelles et produit une circulaire visant à uniformiser et encadrer les dites inspections. Cette dernière a été peu modifiée, pourtant des tendances lourdes apparaissent insidieusement. Hors de toutes règles, simplement évoquées ça et là, la mise en place de semi- rapport d’activité et les inspections d’école se répandent à l’instar du chiendent. Des questionnaires envoyés dans les écoles semblent avoir de multiples finalités ; sous couvert de préparer la venue de l’inspecteur-trice, ils ressemblent fortement à de l’autoévaluation ; l’enseignant-e est alors invité-e à indiquer : le nom des élèves en difficulté (ce qui n’a pas grand-chose à voir avec les perspectives de carrière éventuelles de son enseignant-e), la nature des remédiations employées, la mise en place de l’aide personnalisée, les résultats des évaluations nationales, les projets de classe, d’école, le rôle attribué aux ATSEM, le sujet des conseils des maîtres,  le rôle de l’enseignant-e au sein de l’équipe…  Ces questionnaires, outre le côté extrêmement fastidieux et bureaucratique, nous semblent pernicieux. En effet, bon nombre des questions qui y sont évoquées relèvent de décisions d’équipe ou du conseil d’école et ne devraient donc pas entrer en ligne de compte dans des inspections individuelles…

Et là, arrive l’autre tendance lourde, l’inspection d’école. Ce dispositif est largement pratiqué dans d’autres pays. Il vise à analyser les données de l’établissement : projets, emplois du temps, résultats… Ensuite sont observées séances, réunions, productions d’élèves… Pour autant, dans notre cas, cela relève de la confusion la plus totale.  Au motif d’étudier la situation d’une école, tous les enseignant-e-s sont inspecté-e-s sur leurs propres pratiques sans prise en compte des phénomènes systémiques, avec de fait des conséquences directes sur la carrière individuelle et aucune incidence sur les phénomènes macro. Autant siffler dans un violon pour l’accorder… 

Pour la CGT Éduc’action, l’inspection doit avoir un rôle de formation et pour cela ne peut nullement avoir une incidence sur la carrière. En conséquence, il convient d’aligner tous les personnels sur le rythme d’avancement le plus rapide.

Fabienne CHABERT