Groupe de Travail sur les Professeurs d’Ecole du 28 mars 2014. Positions de la Cgt-Educ’Action

 

Positions de la Cgt-Educ’Action durant le Groupe de Travail Professeurs des écoles
28 mars 2014

Nous devons reconnaître que l’invitation à ce Groupe de Travail sur les enseignants du premier degré a un instant aiguisé notre intérêt et laissé espérer, enfin, une réelle amélioration des conditions de travail de tous les enseignants et une revalorisation des salaires. Un fugace instant seulement, le temps de prendre connaissance du document de travail du Ministère.

Nous n’y avons rien trouvé. Ou presque. En tout cas rien d’ambitieux. Rien qui soit à la hauteur d’une prétendue refondation. Juste la poursuite d’une politique de division des personnels par l’attribution de primes et une nouvelle confirmation des effets néfastes de la réforme des rythmes scolaires.

À nos yeux, une vraie revalorisation doit intégrer :

  • Une grille salariale démarrant à 2 fois le SMIC pour avoir une revalorisation salariale immédiate destinée à compenser la perte de pouvoir d’achat. Cela permettrait de compenser les pertes cumulées depuis de nombreuses années.
  • Un doublement du traitement entre le début et la fin de carrière ;
  • Un déroulement de carrière sur 30 ans ;
  • La suppression de la hors-classe et un avancement réparti en 14 échelons sur un seul grade ;
  • Des primes et indemnités intégrées dans le traitement indiciaire afin d’être prises en compte dans la valorisation des pensions ;
  • Un avancement identique pour tous déconnecté de la note d’inspection ;
  • Une augmentation de 70 points d’indice pour les actifs.
  • Au lieu de ça, vous nous proposez une revalorisation au rabais : la mise en place d’un GRAF divisant toujours plus les personnels, la mise en place d’une prime ISAE, version light de l’ISOE.
  • Pire encore, on nous indique même que celle-ci dépendra d’un cadre pluriannuel compte tenu des enveloppes catégorielles. Le Ministère n’offre donc aucune garantie.
  • Dans le contexte du Pacte de Responsabilité et des 50 milliards d’économie à trouver – que la CGT dénonce – nous demandons que le Ministère s’engage de manière plus ferme. La revalorisation ne peut être que ferme et définitive et son montant garanti.
    Notre organisation rappelle que la revalorisation salariale ne peut se faire à coup de primes et ne peut donc se satisfaire de l’ISAE. Si elle existe, elle doit concerner de façon égale tous les personnels quelles que soient leur mission et leur fonction ; certains de nos collègues en sont exclus, totalement ou partiellement, c’est le cas par exemple des CPC, enseignants de SEGPA, d’EREA, d’ERPD, d’ULIS et de classes relais, les enseignants référents, les PEMF…. Ces "oublis" indiquent clairement le caractère inégalitaire des primes, source de division des personnels.

Le Ministre n’a-t-il pas pris la mesure de la perte de pouvoir d’achat dont sont aussi victimes les PE sans spécialité ni poste particulier ? Le Ministre n’a-t-il pas entendu les enseignants lui signifier que la réforme des rythmes scolaires dégrade leurs conditions de travail et de vie, accroit la souffrance des personnels et abaisse leur pouvoir d’achat ?

La CGT Éduc’action rappelle son opposition à cette réforme des rythmes scolaires. Ce qui nous apparaît urgent, c’est de diminuer le temps de présence avec élèves des enseignants du premier degré et de le déconnecter du temps de classe des élèves. Nous portons, comme base pour les enseignants chargés de classe, la revendication de 18h face à élèves + 6h. Nous demandons solennellement au Ministère d’ouvrir des négociations sur cette question.

Par ailleurs, le document proposé sur les obligations de service nous pose un certain nombre de problèmes.
L’introduction d’une annualisation du temps de travail devant élèves nouveauté issue de la réforme des rythmes scolaires entraine l’intensification et la dérèglementation du travail. C’est aussi pour cette raison que la CGT Éduc’action s’y oppose.

Le système de récupération pose plus de problèmes qu’il n’en résout. Vous indiquez que l’autorité académique définit le calendrier des temps de récupération dans l’intérêt du service et après consultation de l’agent.
Parce qu’il subit des contraintes très fortes liées à ladite annualisation (flexibilité du temps de travail sur la semaine, difficultés pour organiser sa vie personnelle), c’est bien au collègue concerné de choisir ses journées de récupération.
Il serait inacceptable qu’un agent se voit imposer des journées de récupération à prendre au dernier moment… Concernant les collègues assumant un service hebdomadaire partagé sur plusieurs classes, un planning doit être établi dès le début de l’année.
De la même manière, un maximum hebdomadaire doit être fixé et tout dépassement, y compris inférieur à une heure, doit pouvoir être récupéré.
Plus encore, nous estimons que les organisations du temps de travail qui en découleront doivent être soumises aux instances paritaires compétentes et aux CHS-CT départementaux.