Formation des personnels : au garde-à-vous !

 

Le gouvernement ayant fait le choix de ne plus recruter de personnels, il est aujourd’hui dans l’incapacité de remplacer les collègues qui partent en formation. Mais comme désormais la formation est inscrite dans la loi et qu’il y a urgence à faire « avaler » les réformes, il a trouvé la parade : rogner sur les congés !

Dans un premier temps, un décret est venu rendre obligatoire la formation continue des enseignant·es durant les congés scolaires, pour au moins 5 journées par an. Et dans un second temps, le ministère a publié le schéma directeur de la formation continue pour la période 2019-2022. Avec un seul objectif : faire admettre à tous les personnels l’ensemble du train de réformes voulu par Blanquer et faire travailler davantage.
Pour ce qui est du schéma directeur, toute la philosophie ministérielle est résumée ainsi : "100% des personnels doivent avoir bénéficié de formation" durant la période 2019-2022 sur l’instruction obligatoire à 3 ans, la réforme du lycée, la réforme de la
voie professionnelle, la culture juridique. Et pour les personnels d’encadrement la cible 100% concerne "savoir manager une équipe", "rendre intelligible l’action poursuivie" et les évaluations nationales. Rien à ajouter à ces deux phrases, ni à développer. Vous l’avez compris, l’axe 1 du schéma directeur ne vise qu’à imposer une idéologie.
Pour faire passer cette grosse pilule, le ministère et les administrations locales pourront s’appuyer sur le décret paru le 8 septembre dernier, et ce malgré l’opposition de tous les syndicats.
En résumé, les périodes de formation au cours des vacances seront menées à l’initiative de l’administration, pourront aller jusqu’à 5 jours par an, devront être annoncées en début d’année scolaire, seront rémunérées 20 € brut par heure dans la limite de 120 € par journée (ou 60 € par demi-journée) et seront présentées chaque année – pour avis – en Comité Technique Académique.
Le gouvernement ayant fait le choix de ne plus recruter de personnels, il est aujourd’hui dans l’incapacité de remplacer les collègues qui partent en formation. Mais comme désormais la formation est inscrite dans la loi et qu’il y a urgence à faire « avaler » les réformes, il a trouvé la parade : rogner sur les congés !
En d’autres termes, le ministère réussit à transformer en obligation aveugle une attente des enseignant·es et à vider de son sens toute volonté de formation.
Oubliez toute envie de vous former à des pratiques pédagogiques, des courants de pensée ou de réfléchir à vos pratiques, à la souffrance au travail… La seule bonne formation est celle portée par le Petit Livre Orange de Jean Michel… Et on garde le sourire bien sûr…