Caroussel

 Être une priorité, ce n’est pas un cadeau…

 

Alors que l’an passé, JM.Blanquer avait préféré de pas faire paraitre de circulaire préférant son petit livre orange, nous nous serions bien passé également de celle-ci cette année.

Voir le ministre se vanter de la création de 2300 postes supplémentaires nous laisse dubitatifs·ves au regard des baisses de ces dernières années et des besoins exprimés.
Lire que les grandes sections, CP et CE1ne dépasseraient plus 24 élèves/classe au plus tard en 2021, c’est comme vouloir nous faire croire que le ministre Blanquer est responsable du lever du soleil chaque matin !

Si nous, enseignant·es du premier degré, ne nous sentons pas honoré·es d’être à « la première place des priorités du Gouvernement », l’absence totale du second degré à l’heure de la mise en œuvre de la réforme du bac et de LP en dit long sur le grand écart entre éléments de langage du gouvernement pour la presse et les considérations réelles pour la réussite des élèves.

Et que dire des collègues instituteur·rices, qui sont purement et simplement rayé·es de la circulaire… On peut alors imaginer qu’au moins, ils·elles n’auront pas à se soumettre aux inepties gouvernementales !

Sur le fond, avec cette circulaire, rien de neuf ni de surprenant pour le ministre autoritaire. Il réaffirme avant tout sa volonté « de continuer l’œuvre engagée ».
Aucune surprise donc quant aux orientations et autres « recommandations » concernant l’acquisition des savoirs fondamentaux par tous·tes les élèves.
Aucune surprise à voir égrainer niveau par niveau les « bonnes pratiques » en matière de français et mathématiques. Ces bonnes pratiques tant décriées par la communauté éducative depuis de très nombreux mois.
Aucune surprise à lire les « bienfaits » des évaluations faites et analysées par le seul ministère. Une crainte cependant et elle est de taille : celle que les remontées à tous niveaux, circonscriptions, départements, soient rendues obligatoires. Le projet de loi Blanquer faisant son œuvre.

Une des principales nouveautés relevées dans cette circulaire se situe dans le passage sur la maternelle. Et une chose est sûre : tout ceci s’apparente au fantôme des programmes de 2008.
Et si la CGT Educ’action se réjouit de voir qu’il y a une volonté de formation conjointe avec les ATSEM, elle dénonce le recentrage des apprentissages sur le vocabulaire, la phonologie et les mathématiques. Cela ressemble fort à une pré-élémentarisation de la maternelle que nous avions déjà dénoncée. En effet, si certains élèves peuvent manquer de vocabulaire, il est incontestable qu’un travail structuré du vocabulaire sans diminution d’effectifs et sans accompagnement des enseignant·es n’aura que peu d’efficacité.
De même, si l’exposition aux langues étrangères dès le plus jeune âge constitue un bénéfice, cette idée perd tout son sens si les enseignant·es n’ont pas une formation solide dans ce domaine et s’ils·elles ne pratiquent pas des séances dans des classes surchargées.

Avec 13 lignes dédiées (dont 4 sur la chorale), le ministère semble indiquer son intérêt pour l’éducation artistique et culturelle et pour sa place à l’école. D’autant que la culture serait un outil pour « cultiver les sentiments positifs envers les autres ». Malgré tout, dans la mesure où les objectifs prioritaires doivent s’inscrire dans les programmes, le pire est à craindre : emprunter des livres de vocabulaire, ou chanter la Marseillaise… De drôles et de douteux projets artistiques en vue d’émanciper les élèves…

Dans sa conclusion, le ministre semble croire que ses injonctions vont favoriser bien-être au travail, esprit d’initiative et responsabilité des personnels. Cela relève plus de la pensée magique ou incantatoire car il est ironique de se targuer du bien-être au travail alors même que l’on vise à fusionner CHSCT et CTSD ou qu’on veut réduire la liberté de chaque personnel à user de sa liberté pédagogique. De même, le renforcement du poids des évaluations et de l’étude de leur résultat par les circonscriptions est carrément antinomique avec l’esprit d’initiative tant espéré.

En conclusion, la CGT Educ’action considère que cette circulaire de rentrée est à nouveau une mauvaise nouvelle pour l’Ecole, les élèves et les enseignant·es. On assiste à une nouvelle étape de la volonté de mettre au pas une Ecole qui se ternit, où les couleurs sépia d’un ancien temps ressurgissent.