En finir avec la gestion libérale de l’Education Nationale

 

EN FINIR AVEC LA GESTION LIBÉRALE

DE L’ÉDUCATION NATIONALE

 

À l’heure des bilans, celui de la politique de Sarkozy concernant l’Éducation est catastrophique. Les personnels de l’Education Nationale ont subi une politique de gestion violente et agressive qui plonge une majorité d’entre eux dans une grande précarité.

L’application de la règle du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux a été la réforme la plus dure et la mieux appliquée par le ministère tout au long du quinquennat. Cette « prouesse » fut possible grâce à un ministre et une DRH issus du secteur privé, et donc pourvus aux techniques managériales brutales, qui ont appliqué les ordres au détriment des nécessités.

Les 79400 suppressions de postes ont des incidences directes sur la gestion de tous les personnels. Les Services Académiques sont devenus subalternes au Rectorat entrainant une mutualisation/condensation des moyens humains et des services. En découlent des mutations de personnels entre services (voire départements), obligeant les gens à découvrir un nouveau métier, sans formation, et/ou les obligeant à admettre une mobilité géographique, au détriment de leur vie familiale et sociale.

Pour les enseignants, le faible niveau de recrutement dû à la réforme de la formation et à la règle de diminution du nombre de fonctionnaires ont un impact direct sur la mobilité. Depuis 3 ans, le pourcentage d’enseignants obtenant satisfaction aux permutations nationales s’est effondré, les plongeant le plus souvent dans des conditions personnels difficiles. La logique est simple : moins on recrute de personnels dans les départements plus le volume de personnel susceptibles de bouger est faible ! À cela, il faut ajouter les problèmes d’attractivité de certains départements, comme la Seine-Saint-Denis, qui regroupent un grand nombre d’enseignants et où les conditions de travail sont difficiles. Les collègues n’ont plus aujourd’hui la possibilité de partir et se retrouvent contraints d’y rester pendant des années. Le résultat est catastrophique.  Les collègues se tournent par défaut vers le temps partiel ou la mise en disponibilité, entrainant perte de salaire et ralentissement de carrière.

Le temps partiel n’est malheureusement pas une solution d’avenir ! Faisant face à une pénurie d’enseignants, l’administration est obligée d’aller à la pêche aux postes. Ainsi, dans de nombreux départements, les IEN font le tour des circonscriptions pour expliquer aux collègues que leur temps partiel (quand il n’est pas de droit) n’est plus une bonne idée et qu’ils ne défendront pas leur dossier pour un renouvellement. Cette démarche (déplacée que nous condamnons) n’est pas une simple incitation.


C’est surtout un moyen de pression à l’encontre des collègues qui sont inspectés ou dans une situation familiale précaire.

Les mouvements départementaux de cette année ont renforcé ce sentiment d’enfermement dans les carrières. Les collègues ne veulent plus bouger car étant les derniers arrivés dans une école, ils sont les premiers à partir en cas de fermeture de classe, chose fréquente sous l’ère Sarkozy…

Pour la CGT Éduc'action, l'élection d'un nouveau Président de la République doit être l'occasion d'en finir avec les années de régressions sociales que nous venons de subir et qu’une nouvelle politique de gestion des personnels (qui passe par le retour des 80000 postes) soit décidée.