Éducation prioritaire : Vers l’arrêt de mort de l’éducation prioritaire ?

 

La carte des REP+ serait maintenue avec quelques aménagements jusqu’en 2022. L’idée est de faire coïncider les REP+ avec les collèges et écoles des « quartiers politique de la ville ».
Le rapport propose d’étendre les mesures de dédoublement aux écoles de certains de ces quartiers, et à celles des zones rurales chargées de difficulté scolaire. Dans un cadre budgétaire le permettant…
La prime REP+ serait étendue aux AED et AESH, puis aux CPC et IEN. Annonce difficile à financer. La mesure du rapport la plus inquiétante est d’adosser la 3ème tranche de revalorisation de l’indemnité REP+ à la participation obligatoire au dispositif de formation à la difficulté sociale et scolaire hors temps scolaire. Pour la CGT Éduc’action, ce « travailler plus pour gagner plus » est inacceptable tout comme la volonté accrue de formatage des enseignant·es. C’est l’application de la volonté de Macron-Blanquer de lier revalorisation salariale (uniquement sous forme indiciaire et en lien avec la réforme des retraites) et modification des missions.
Pour les REP, il y a des inquiétudes car l’idée est de définir, au niveau académique et non plus national, une nouvelle grille territoriale, qui « identifierait les territoires scolaires appelant des mesures d’accompagnement ou d’évolution ». Cette grille, co-construite avec les collectivités locales, regrouperait les actuels REP, les écoles des espaces ruraux, les réseaux concernés par la mixité sociale et les écoles/établissements en situation d’éloignement. C’est la fin du label REP national et une nouvelle territorialisation modifiable selon les politiques rectorales et ministérielles. C’est surtout une mutualisation néfaste des moyens. Par ailleurs, le rapport reprend la volonté ministérielle ancienne d’inclure l’enseignement privé sous contrat dans ces
territoires scolaires en le finançant pour qu’il intègre un certain nombre d’élèves en difficultés.
Ou comment adoucir le contournement de la carte scolaire…
Ce serait aussi la fin de l’indemnité REP pour tou·tes les enseignant·es puisqu’elle serait versée individuellement, même au sein d’un établissement labélisé, selon les missions et les projets. Plus généralement, c’est un recours aux outils actuels du ministère : systématisation des postes à profil et spécifiques, individualisation des carrières, recours accru aux collègues contractuel·les.
La CGT Éduc’action dénonce une nouvelle territorialisation de l’École et de son pilotage avec un rôle particulier dévolu aux cités éducatives. Elles devraient devenir le modèle de l’éducation prioritaire comme nous l’avions prédit au moment de leur annonce : un modèle multipartite aux moyens dilués sur tous les aspects de la politique de la ville, et où les établissements scolaires ne sont qu’une composante parmi d’autres.
Pour la CGT Éduc’action, ce rapport est dans la ligne ministérielle : labellisation avec des effets de seuil et la fuite d’une partie des familles, transformation du bureau ministériel de l’éducation prioritaire en bureau de l’éducation prioritaire et des territoires, augmentation annoncée de la part indemnitaire dans les salaires, augmentation des postes à profil avec les nouvelles « lignes de gestion », formation des personnels pendant les vacances scolaires…
La CGT Éduc’action s’opposera, avec les personnels, à cette mise à mort à terme d’un dispositif dont les moyens n’ont cessé de baisser alors qu’ils devraient exploser
pour être encore plus efficaces.

C’est la fin du label REP national et une nouvelle territorialisation modifiable selon
les politiques rectorales et ministérielles.
C’est surtout une mutualisation néfaste des moyens.
Inclure l’enseignement privé sous contrat dans ces territoires scolaires en le finançant pour qu’il intègre un certain nombre d’élèves en difficultés. Ou comment adoucir le contournement de la carte scolaire…