Éducation prioritaire Écoles sorties d’Éducation prioritaire : les oubliées du ministère

 

Souvenez-vous des promesses, lorsque des Conventions Académiques de Priorité Éducative sont venues couvrir les écoles sorties de REP, transformant les personnels en super héros munis de leur « CA(P)PE », la Convention Académique (Pluriannuelle) de Priorité Éducative, avec des moyens parfois conservés jusqu’en... 2018 ! Ces CA(P)PE sont en fait des conventions-sorties de REP ! Les DASEN n’ont pas cessé de le marteler et de le rappeler à chaque opération de carte scolaire. Pour les enseignant·es qui exercent dans des écoles de REP+ aux conditions difficiles, cela ne passe pas. D’autant qu’à partir de la rentrée 2018, donc dans 4 mois, l’ex-prime ZEP (un peu moins de 100€) est réduite de 33% (la prime REP+ se monte à près de 200€).
Sentiment d’injustice et d’abandon.
« Rassurez-vous », nous promettaient les DASEN : « la carte de l’Éducation prioritaire sera revue en 2018 ». Mais voilà que le ministre vient de changer les règles et il faudra finalement attendre 2019 pour une éventuelle application en 2020. D’ici-là, les dédoublements des classes de CP et CE1 en REP et REP+ seront généralisés et tous les moyens utilisés. Il paraît dès lors difficile que les écoles dites « orphelines » et qui relèvent de REP voire REP+, ne soient pas reconnues en tant que telles. Il existe donc un profond sentiment d’injustice entre les collègues percevant encore l’ancienne prime ZEP et les nouveaux·elles qui ne perçoivent rien depuis la rentrée 2015. Les collègues se sentent abandonné·es constatant que leurs conditions de travail se dégradent.
Quelques DASEN ont tenté de maintenir les moyens en place avec quelques opérations de bricolage. La rigueur budgétaire imposée risque fort de les contraindre à sacrifier ces écoles.
Un autre effet secondaire a été observé lors du mouvement. Certain·es collègues ont préféré se positionner sur les créations de postes en REP+ pour quitter ces écoles « orphelines » et abandonnées. Ces écoles, en plus d’être exclues de l’Éducation prioritaire, risquent fort de subir un autre désavantage en concentrant surtout de jeunes collègues, sans jamais bénéficier des mesures dites de « fidélisation » des collègues en REP+ (primes, bonification au mouvement, comptabilisation des années pour l’accès à la classe exceptionnelle...) alors qu’ils·elles exercent dans des conditions souvent similaires à la REP+.
La CGT Éduc’action revendique la réintégration des écoles sorties injustement de l’Éducation prioritaire en REP ou en REP+. Elle demande que les années d’exercice dans ces écoles soient prises en compte pour les différentes opérations administratives des collègues.