Éducation prioritaire Chronique d’une mort annoncée

 

Blanquer s’oppose à la labellisation estimant que « les familles aisées mettent en œuvre des stratégies de fuite des établissements classés éducation prioritaire dont la réputation est jugée négative ». Le ministre fait-il semblant d’ignorer que, label ou non, tout le monde connait la réputation du collège ou de l’école du coin ? De plus, l’abandon de la carte scolaire a déjà renforcé un marché scolaire qui met les établissements en concurrence. En bout de chaine, ce sont toujours les mêmes qui trinquent : les élèves de milieux populaires qui resteront dans ces établissements paupérisés et les personnels de ces établissements. Cette disparition du « label » articulée au projet de « territorialisation des politiques éducatives » pousse vers la perte du cadre national laissant ainsi présager l’accentuation des inégalités éducatives entre régions.

Quelles annonces immédiates ? Indemnité REP+ sous condition : la prime de 3000€ promise par Macron pendant sa campagne est en application depuis la rentrée 2018. Une part fixe et une variable : 1000€ nets/an tout de suite à l’ensemble des personnels et 2 000€ pour 2019-2021 correspondant à une « prime de valorisation collective », portant sur un projet d’école ou d’établissement, avec des objectifs à atteindre. Une rémunération au mérite, collective, accordée arbitrairement par la hiérarchie… Le bonheur quoi ! Et les AED et les AESH ? toujours exclu·es de cette prime. Pour le ministre, cette l’indemnité n’est pas censée reconnaître la difficulté d’exercice dans ces réseaux mais reste une « récompense », donc inégalement attribuée. La CGT Éduc’action refuse toute forme de prime différenciée mettant les personnels en concurrence. En attendant, pour les écoles sorties de la carte prioritaire, les primes sont maintenues pour un an. Au-delà de l’argent, la question des conditions de travail et d’apprentissage reste posée. Si elles sont souvent meilleures pour les CP-CE1 dédoublés, celles des autres classes se sont largement dégradées car les autres niveaux ont dû être réorganisés entraînant des surcharges d’effectifs. Les écoles ont aussi dû revoir le partage des espaces de travail : deux classes dans la même salle, gros effectifs dans des salles aux dimensions non adaptées, disparition de salles dédiées… Le dédoublement a souvent supprimé la présence d’un·e maitre·sse supplémentaire, perturbant les organisations pédagogiques réfléchies collectivement.
La CGT Éduc’action revendique toujours :
- le maintien d’une carte scolaire nationale, reposant sur des critères sociaux et géographiques clairs.
- des moyens supplémentaires pour réduire règlementairement les effectifs en éducation prioritaire (15 élèves maximum/classe).
- une éducation prioritaire qui va de la maternelle à la fin du lycée et donc le retour des lycées dans l’éducation prioritaire.
- du temps de concertation intégré au temps de service entre pairs, au bénéfice de nos élèves.