Edito : Retrouver de l’air, retrouver l’envie !

 

Étouffé·es ! C’est le sentiment partagé par de très nombreux·ses collègues asphyxié·es par ces dix dernières années rythmées par la succession hallucinante de réformes, donnant l’impression d’un empilement d’attaques contre l’École.
École du Socle, réformes des programmes, réformes des rythmes scolaires, réformes des obligations règlementaires de service (aide personnalisée, utilisation de la 27e heure…), dégradation des conditions d’exercice de travail, flicage accentué des horaires et limitation du droit de grève, territorialisation, précarisation, jour de carence, absence de moyens pour l’inclusion… La liste est longue, inépuisable. Face à cette situation, nous constatons que les collègues éprouvent une forme d’essoufflement et peinent à contester de façon organisée toutes ces dégradations de leurs conditions de travail, de vie et les conditions d’étude des élèves qu’ils·elles
accueillent et accompagnent. Dans ce paysage professionnel et politique, la difficulté à trouver collectivement des leviers communs de lutte, et donc de victoires, sont des freins à mobiliser les collègues qui souffrent pourtant de cette situation. Nous regrettons que le seul moyen trouvé par ces collègues de poursuivre leur métier dans des conditions acceptables soit le repli sur soi.
La CGT Éduc’action, confrontée elle-aussi à cette accélération de la réaction gouvernementale et dans l’obligation d’y répondre quasi quotidiennement en fonction des annonces, a décidé de passer à la vitesse supérieure. Plus que jamais, nous devons aller aux devants des collègues et leur dire que ce que nous subissons n’est pas une fatalité, que nous portons un autre projet pour l’École qui n’est pas un simple accompagnement des réformes passées ou futures. Nous avons un projet et des revendications à faire vivre, à faire connaitre et à partager.
Cette École de l’émancipation que nous voulons remet du lien entre toutes les personnes qui partagent l’éducation et fait confiance à ses personnels tout en les défendant au sein d’un service public national d’éducation.
Voilà le projet que nous devons mener au cours de cette année électorale et après.
Ensemble, nous pouvons retrouver l’envie de faire notre métier correctement et l’oxygène pour y arriver.