École-Collège : quelle liaison, quelle structure ?

 

École-CollÈge : quelle liaison, quelle structure ?

La droite a dû ranger tout son arsenal de propositions rétrogrades concernant le collège unique. Tant mieux. Pour autant, quel projet le gouvernement en place a-t-il pour cette institution qui – depuis sa création en 1975 – n'a jamais eu les moyens suffisants pour générer une culture commune de bon niveau pour tous les enfants, assortie d'un savoir minimal ?

Non encore ministre de l'éducation, Vincent Peillon déclarait (mars 2012) son « at­tachement au collège unique » tout en soulignant ne pas être pour « l'uniformité » des établis­se­ments. Et de préciser « qu'il faut introduire la possibilité de construire des projets péda­go­giques et des manières de tra­vailler diffé­rentes ».
Pour lui, « les élèves ont besoin d'un par­cours commun le plus long pos­sible ».

Pour Nathalie Mons*, « l'absence de plan de sauvetage complet et concret constitue une menace pour le collège unique qui se délite depuis des décennies faute de rénovation am­bitieuse ». Le ministre rappelle que les élèves qui arrivent au collège doivent posséder les fondamentaux ; il priorise aussi le travail sur la transition primaire-collège. Dans sa lettre aux enseignant-es du 26 juin, il annonçait un travail de réflexion concertée. Depuis des ateliers sur la rénovation du collège, la redéfinition du socle commun se sont tenus, préparant avec d'autres thématiques, la rédaction d'une nouvelle loi d'orientation.

Pour Benoît Falaize**, « on est à un moment où tous les partenaires, corps d'inspection, experts, praticiens et syndicats, partagent les mêmes interrogations : quel socle commun, quelle école commune ? »

Et d'ajouter que cela nécessitera deux questions : de quelle "culture" parlons-nous ? De quel "commun" parlons-nous ?

Pour la CGT Éduc’action, faire de la mixité une ressource est la vraie question posée à la société et à l'école. Nous revendiquons une culture commune de haut niveau s'appuyant sur des pédagogies qui favorisent la démarche d'au­tonomie de l'élève, de coopération dans la classe, de cons­truction et d'ap­propriation des savoirs. Et ce dans un col­lège unique qui évi­terait la ten­tation d'un trop grand rap­pro­che­ment avec le primaire et laisserait à ce dernier ses spé­cificités et son fonctionnement original : petite structure fonc­tionnant autour d'une équipe pé­dagogique dont les membres sont à « égalité hiérarchique » d'une part et qui ne serait plus l'antichambre du lycée dans un contexte – que nous connaissons toujours – de reproduction sociale.

Ni « primarisation » du collège, ni « collégialisation » du primaire et mise en place d’une réelle liaison sous la responsabilité des équipes pédagogiques et pas de la hiérarchie.

Marc LE ROY & Yvon GUESNIER 

* Sociologue, université de Paris-Est-Marne-la-Vallée

** Université de Cergy-Pontoise