Comment donner envie d’être enseignant ? En commençant par la case précarité bien sûr !

 

Comment donner envie d’être enseignant ? 

En commençant par la case précarité bien sûr !

Le concours  de recrutement exceptionnel annoncé à grand renfort  médiatique prévoit un calendrier très alambiqué : écrits en juin 2013 et oraux en juin…2014 ! Le ministère affirme que cela permettrait  de préparer plus sereinement le master ? Passons sur la sérénité à préparer à la fois un  master et un concours pour nous intéresser au pourquoi et au comment …

Les postes prévus aux concours dits normaux devraient avant tout compenser les départs à la retraite. Pour ce qui est des véritables créations de postes, le ministère a donc dû trouver un subterfuge… Entre les écrits et les oraux, les étudiants admissibles pourront  travailler comme contractuels rémunérés à mi-temps et assurer un tiers temps devant élèves. Il est prévu d’en recruter un peu plus de 20 000, ce qui correspondra, au cours de l’année, à moins de 7 000 enseignants supplémentaires.  En échange de leur large rémunération (900€ maxi !), les étudiants devront préparer leur concours dans les ESPE (écoles supérieures du professorat et de l’éducation), remplaçants des IUFM. Les dits étudiants devront donc préparer à la fois leur concours, finir leur master et  … assurer la classe ! Un vrai tour de force, même rémunéré à mi-temps !  Une belle preuve d’amour et d’engagement dans le métier ! Ajoutons que dans quelques départements, les inscrits au concours sont déjà contractuels remplaçants… Ces derniers connaitront donc 2 années de précarité avant l’année de stage. Une vraie gageure…

Reste les comment ? Les étudiants auront donc à assurer 9 heures de service. Plusieurs solutions sont envisageables pour l’administration : affectation sur des compléments de décharges de direction ou de temps partiels. Les collègues contractuels seraient donc à tiers temps sur la semaine…  Le ministère peut aussi envisager  de les recruter comme contractuels remplaçants pour 3 mois et les rémunérer à l’année (comme les temps partiels annualisés)…

Dans tous les cas, une fois encore et sans que la situation ne soit améliorée, des collègues seront envoyés sans formation devant les élèves … Une fois encore, la précarité se développe dans le ministère de l’Education nationale… Pire encore, on peut craindre que les ESPE accueillent des étudiants, certes salariés mais précaires, et non des fonctionnaires stagiaires… À en croire les collègues dans les IUFM, cette réforme, au lieu de réparer les méfaits de la masterisation, les aggrave !

Fabienne CHABERT