Chili Quebec. La question de l’égalité...

 

CHILI, QUÉBEC : LA QUESTION DE L’ÉGALITÉ


Pour pouvoir financer les études de leurs enfants, les familles s’endettent auprès d’un système organisé par l’Etat (prêt bancaire à 4 %). Si ce dernier n’est pas remboursé, les Chiliens endettés (la majorité des gens) sont inscrits sur une liste intitulée Dicom qui leur interdit d’être recrutés à certains emplois. En mai 2011, le président Pinera a annoncé de nouvelles mesures contre l’éducation entrainant une vague de protestation. Durant des mois, les étudiants se sont appuyés sur la population qui les a aidés à occuper les lycées et a soutenu le mouvement. Manifestations carnavalesques ou quasi happening (par exemple, une course relais autour de la Moneda), se sont succédé malgré la répression policière (près de 870 arrestations). Après quatre mois de manifestations, une grève générale a rassemblé près de 600 000 personnes à travers le pays. La CUT (Centrale Unitaire des Travailleurs), aux côtés des associations étudiantes, a alors exigé le retour sur les réformes imposées par Pinochet. Pinera a annoncé la création d’un système de crédit à taux réduit mais se refuse toujours à accorder la gratuité de l’éducation. En mars 2012, lors de la rentrée scolaire au Chili, les manifestations ont repris et les étudiants ont apporté leur soutien aux étudiants québécois.

Au Québec, la grève des étudiants a débuté en mars 2012 pour réclamer le gel des frais de scolarité. Après 2 mois de luttes avec l’appui des parents, des enseignants et du monde associatif, les dernières rencontres n’ont débouché que sur un étalement du droit de paiement et la création d’un prêt à 2 % à la sauce Pinera. Dans les deux cas, le gouvernement prétend que la situation économique ne permettrait pas la gratuité ; dans les deux cas, la matraque a été amplement utilisée. Le gouvernement québécois, au lieu de répondre aux justes revendications des étudiants a fait le choix de leur refuser le droit de manifester. Il va à l’encontre de la liberté de réunion des étudiants ou de toutes autres catégories sociales en rendant passible d’amendes très élevées la « perturbation du système éducatif » par les manifestations. 

Défendre ses droits, manifester est utile à tout le monde. La CGT Éduc’action s’indigne d’une telle opération. Ce qui est bafoué, c’est le travail, le droit de lutter, les libertés individuelles et collectives. De Santiago en passant par Québec et Paris, ce sont les mêmes politiques libérales qui mettent à mal le droit à l’éducation.

Le financement de l’éducation n’est pas une question de budget mais de volonté politique. En France, au Chili et au Québec, il faut que les gouvernements agissent de façon à réorienter les profits vers la satisfaction des besoins sociaux. Les états doivent donc se doter d’une fiscalité solidaire, construite pour servir le bien commun.

Fabienne CHABERT