CP-CE1 à 12 : DÉDOUBLEMENT DES CP-CE1 EN ÉDUCATION PRIORITAIRE

 

Cette mesure, qui est ac-tuellement étudiée pour être mise en place par le ministre Blanquer dès la rentrée 2017, est une promesse de campagne du candidat Macron. Après le temps des promesses, vient celui de la réalité…
Quelques jours à peine après sa nomination, le ministre arpentait les plateaux télé et la presse écrite pour se répandre et annoncer son plan d’action en la matière… Il réitérait ses annonces pharaoniques de redéployer les personnels Plus De Maître-sses Que De Classes (PDM QDC) pour dédoubler pres-que 5 000 classes. Mais les audits dans les académies pour la possibilité de mise en œuvre ont eu raison des promesses. À ce jour, ce sont 2500 classes de CP en REP+ qui seront touchés par la mesure. Le reste viendra plus tard… ou pas ?
 Un cas concret, celui de la Seine-Maritime
Pour le département, à partir des prévisions de la carte scolaire, un rapide calcul montre qu’il faudrait 71 postes pour créer des CP à 12 en REP+ et 148 en REP, si on ne veut pas augmenter la moyenne des classes dans les autres niveaux. En tenant compte des CE1, c’est un total de 117 postes en REP+ et 229 en REP qu’il faudrait. Pour mémoire, rappelons qu’il n’y a que 81 postes MSUP dans le cadre du dispositif Plus de Maître-sses que de Classes.
Une équation très compli-quée à résoudre.
Cela risque de se traduire par des fermetures de classes massives hors Éducation prioritaire et une augmen-tation des effectifs dans les autres niveaux en REP ou REP+. Et ce nombre ne tient pas compte des postes de ZIL REP+ nécessaires pour per-mettre les journées de pon-dération des collègues affec-té-es en REP+. C’est aussi sans compter les écoles en CAPE (celles exclues depuis 2014 de l’Éducation Priori-taire) qui nécessiteraient 20 postes pour des CP à 12 et 31 postes si on ajoute les CE1. Mais il y a fort à parier qu’elles seront les grandes oubliées et sacrifiées de la réforme ! Avec 72 postes supplémentaires par rapport à ce qu’il faudrait créer, les effectifs de toutes les classes des écoles élé-mentaires en REP+ seraient à 15 élèves par classe !
Où met-on les élèves ?
Cette mesure si elle venait à s’appliquer, nécessiterait de nouveaux espaces de classes voire de nouvelles écoles pour permettre de dédoubler les CP et les CE1. Compte-tenu des finances des collec-tivités, cela ne risque pas de se faire de sitôt. Mais le nouveau Président l’a déjà annoncé, cela peut se tra-duire par des classes de CP ou CE1 à 24 avec deux enseignants. Si on ajoute des AESH dans les classes...
Charge aux enseignant-es de trouver de bonnes idées pédagogiques pour faire fonctionner tout ça !
Vers un profilage des postes généralisé ?
Dans ce département, les postes MSUP sont des postes à profil. Comment seront déterminés les nouveaux postes des classes de CP et de CE1 ? Deviendront-ils des postes à profil ? Si tel est le cas, plus de la moitié des postes en Éducation Priori-taire seraient alors des postes à profil ! Cela va nettement entraver les possibilités de mutations. Cela risque également de laisser le champ libre aux IEN voire aux directeur-trices de choisir leur équipe.
 À Paris, les écoles perdent-elles leur liberté de choix de la structure ?
Les textes, rappelons-le, précisent que le-la directeur-trice d’école arrête la structure pédagogique après consultation du conseil des maitres. À Paris, un IEN a ordonné à une école de refaire sa structure pédagogique fondée sur les cycles avec des classes à triple ni-veau CP-CE1-CE2. En effet, selon lui, les maître-ses supplémentaires ne pouvaient se diluer dans l’école et il fallait afficher les CP-CE1 à 12 !
La CGT Éduc’action s’opposera à toute tentative de profilage de ces postes et à tout interventionnisme de la hiérarchie dans les choix pédagogiques des conseils des maître-ses. Elle exige que la question des effectifs dans toutes les classes et toutes les écoles soit au cœur des réformes à venir. C’est un enjeu pour améliorer les conditions de travail des personnels et des élèves.

François-Xavier DURAND