Assises de la maternelle : un coup pour rien !

 

Pour la CGT Éduc’action, la maternelle a un rôle prépondérant pour l’enseignement,
la sociabilisation et la mixité

Après un grand show du Président de la République et l’annonce de l’extension de l’obligation d’instruction à partir de 3 ans, les autres principales annonces ont été rapidement faites dès les deux premières heures (maintien par exemple des temps
en fonction des dispositions locales et des besoins). Pas grand-chose donc de très engageant pour la suite des discussions…
L’extension de l’obligation scolaire peut être perçue ou connotée comme une mesure de reconnaissance de la maternelle ou comme un marqueur de « gauche ». Certain·es y verront surtout le moyen d’enrichir les écoles privées.
La loi Debré, intégrée au Code l’Éducation en 2000, instaure un contrat entre le public et les écoles privées et prévoit que l’État rémunère les enseignant·es de ces écoles et que les collectivités publiques financent le fonctionnement de l’établissement dans les mêmes proportions qu’elles financent les écoles et les établissements publics. La conséquence est donc une nouvelle manne financière pour les écoles privées au détriment du public.
Si le but avait été vraiment social, il aurait été nécessaire d’étendre l’instruction
obligatoire à 18 ans (le nombre d’élèves concernés aurait été bien plus conséquent), de freiner le développement de l’apprentissage à 14 ans ou de s’attaquer à la sortie du système à 16 ans. Ici, c’est une mesure anecdotique puisqu’elle concerne moins de 5 % de la classe d’âge.
Mais aussi anecdotique soit elle en terme d’enfants concernés, la CGT Éduc’action se félicite d’une telle décision qui est une très vieille revendication de notre syndicat. Elle n’oublie pas surtout que c’est la Loi sur le financement des écoles privées qui est scandaleuse et que nous devons combattre. Et ce n’est pas parce que Macron fait un cadeau au privé qu’on devrait renoncer à une revendication qui devra permettre à tous les enfants ne pas rester sur le bord de la route. La CGT Éduc’action rappelle qu’il reste du chemin pour accéder à notre volonté de scolarisation dès 2 ans pour les familles qui le souhaitent.
Pour le reste des débats, ces assises n’ont été qu’une série d’exposés concernant
les enfants en âge d’aller à la maternelle : beaucoup de choses avaient à voir avec le développement de l’enfant en général et particulièrement avec la petite enfance de 0 à 3 ans. Il a été rappelé que des locaux adaptés et la formation des personnels sont des conditions nécessaires. Quant aux effectifs, ils ont été très peu évoqués, hélas !
Les théories de l’attachement ont-elles aussi été largement évoquées. Il est vrai
que les enseignant·es n’ont pas reçues de formation spécifique de la part de leur institution. Pour autant, c’est oublier que de nombreux·ses collègues ont pris sur elles-eux pour se former et adapter leur travail à leurs jeunes élèves. Pour quelques
intervenant·es, l’école maternelle est apparue stigmatisante pour certaines familles, anxiogène pour certains enfants du fait de son manque de formation aux théories de
l’attachement.
Plusieurs lieux commun ont malheureusement été énoncés tels que la pratique de la musique et des arts en classe qui seraient une bonne chose ou l’obligation de lire des histoires aux enfants, et si possible faire des lectures dynamiques. Tout ce qui
existe déjà et qui fait la spécificité de l’école maternelle aujourd’hui…

Cela a donné également lieu à des contradictions permanentes. La maternelle ne doit pas être seulement une antichambre de l’élémentaire, mais il y a eu de nombreuses interventions sur le rôle qu’elle pourrait jouer pour atténuer, ou au moins ne pas aggraver, les écarts liés aux conditions sociales et familiales des enfants qui sont si visibles dans la scolarité élémentaire.

Pour la CGT Éduc’action, il ne faudrait pas qu’une formation spécifique ait pour conséquence la création d’un corps spécifique avec un salaire adéquat, et qui éventuellement serait sous gestion territoriale.
En définitive, nous avons assisté à un non-événement, une coquille largement vide où la question particulière de l’enseignement et celle de la prise en charge des élèves en maternelle ont été grandement oubliées. La faute à la constitution des tables rondes et aux origines professionnelles des intervenant·es où les enseignant-es ont été les grand·es oublié·es et où la parole aux organisations syndicales a été
inexistante. Une nouvelle fois, une opération de pure communication politique à la
faveur des annonces d’E Macron et l’occasion pour JM Blanquer de montre qu’il se voulait ouvert aux échanges et apports scientifiques…
Mais de concret, rien du tout…