Rythmes scolaires Un marqueur d’inégalité hommes-femmes

 

Revenir sur la semaine de neuf demi-journées était une promesse de campagne faite aux collectivités territoriales, à certaines familles et à une partie des enseignant·es.

Sans revenir sur le fond des réformes successives depuis 2008 ni sur notre opposition, nous avons été curieux·ses de saisir et comprendre les aspects sociétaux entrainés par ces modifications.
Une récente étude sociologique parue en novembre 2017 et menée par Emma Duchini et Clémentine Van Effenterre, postdoctorantes à l’université de Warwick et à la Harvard Kennedy School, offre une lecture éclairante sur l’impact du retour de la semaine de 4 jours sur le travail des femmes.
Cette étude, soutenue par l’Institut des politiques publiques, de l’Institut du genre, du programme Alliance, et par le programme Investissements d’avenir de référence, met en évidence, entre autre, un fait souligné depuis longtemps par la CGT Educ’action : l’organisation du temps scolaire a des répercussions importantes sur l’allocation du temps de travail des femmes.
Dans les écoles revenues à la semaine de quatre jours depuis septembre 2017, il a été constaté que le retour au mercredi libéré a pénalisé en très grande majorité les femmes. Elles sont 40% dont le plus jeune enfant est en âge d’aller à l’école élémentaire (soit deux fois plus que les hommes) à ne plus travailler le mercredi attestant le fait qu’elles doivent s’adapter en priorité aux rythmes de la famille. Cette distorsion d’accès au travail est amplifiée entre femmes puisque celles sous diplômées sont davantage pénalisées, ne pouvant pas organiser leur emploi du temps en fonction de leur souhait et doivent donc « choisir » de travailler à temps partiel avec des réductions de salaires.
Plus globalement, cette étude tente de montrer que la réflexion sur la réforme des rythmes scolaires ne peut pas se faire uniquement selon le prisme économique des collectivités territoriales ou de l’État, mais, comme le demande depuis des années la CGT Éduc’action, en intégrant les différents temps de l’enfant et des familles, la réalité de ces dernières à travers les horaires de travail des parents, leur possibilité de les adapter ou non, sur les contraintes que la société imposent à ses salarié.es, au acteur·trices économiques et sur la volonté de l’institution à s’attaquer à toute forme de discrimination (sociale, de genre, économique…) pour garantir à toutes et tous, sur le territoire, un service public d’Éducation équitable.
On en est encore loin. Poursuivons le combat !