Mutations nationales 2018 des enseignant-es du Premier degré : une nouvelle désillusion et un bugg.

 

Tous les ans, les collègues souhaitant changer de département et les organisations syndicales attendent avec impatience le début du mois de mars pour connaître les résultats des mutations interdépartementales. Et tous les ans, les espoirs des un-es et des autres sont douchés.
L’année 2018 n’y échappe pas puisque avec un taux de satisfaction de 23,71% (contre 23,93%), de très nombreux-ses collègues ne pourront pas changer de département, suivre ou retrouver leurs familles ou simplement découvrir de nouveaux horizons. Parmi les quelques éléments de satisfaction, on notera que les personnels en situation de handicap bénéficiant des 800 points de bonification ont quasiment tous obtenu satisfaction. De même, les collègues demandant un rapprochement de conjoint-e depuis plus de 4 ans ont été 70% à pouvoir bénéficier de la mutation. Mais tout cela est bien faible au regard des urgences personnelles, familiales et professionnelles. Une nouvelle fois, les premières demandes pour rapprochements de conjoint-es n’ont été accordé-es qu’à 48,23% des collègues (48,96% l’an passé). Surtout, cette année est marquée par un immense cafouillage dû à un problème de barème qui a entrainé l’administration à suspendre les premiers résultats et à effectuer un nouveau traitement des données. Cet « incident » pose un certain nombre de questions : qui est responsable de ces erreurs alors que les barèmes ont été vérifiés dans les départements ? quelle vision humaine a le ministère de la gestion de ses ressources en personnels ? Si les collègues lésé-es la première fois ont retrouvé leurs droits, ce sont presque 80 personnes qui n’ont pas obtenu satisfaction en définitive. Erreur du ministère en votre défaveur, retour à la case départ… Triste épisode.
Tous les ans, au moment d’analyser la situation et d’en rendre compte, la CGT Educ’action a l’impression de réécrire la même chose. C’est simplement parce que la situation n’évolue pas et que les blocages persistent depuis plus de 10 ans. Les premières grandes saignées de personnels du quinquennat Sarkozy ont toujours un impact et le niveau d’emplois nécessaire pour une meilleure fluidité n’est pas retrouvé. Et les perspectives en la matière ne sont pas rassurantes… Nous craignons les résultats des années à venir avec l’application de la politique Macron dans la Fonction publique.
La CGT Éduc’action s’engage, encore et toujours, auprès des collègues pour faire valoir leurs droits à la mutation et le droit de vivre en famille et travailler dans un endroit choisi, sans être bloqué-es pendant de très nombreuses années. Pour faire évoluer la situation, il est urgent que l’administration accepte de revenir sur cette gestion des personnels issue des années 70 et que la notion de calibrage académique soit abandonnée. Exigeons collectivement le respect des personnels et de leurs droits. Exigeons le respect des mutations prioritaires par l’administration, et ce dès les mouvements complémentaires. Exigeons que les collègues initialement muté-es puis ajournée-es obtiennent quand même satisfaction.